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10 morceaux de musique avant l’hiver

Je ne ferai pas de « top des meilleurs albums de l’année ». De toute façon, j’ai recommencé à trouver le temps de découvrir de la musique (pas seulement d’écouter les disques que je possède déjà) depuis environ trois mois, donc je serais bien incapable de lister tout ce qui est sorti en 2015. Et comme je suis « à la charge totale, effective et (pas) permanente » de mon compagnon, les seuls albums payants que je peux posséder sont ceux que mes proches m’offrent. J’avais simplement envie de faire un petit intermède musical entre deux textes, avec des morceaux que j’ai écoutés récemment – même s’ils ne sont pas récents – et que d’autres ne connaissent peut-être pas, que d’autres pourraient aimer (ré)écouter, qui sait ?

1. Paula & Karol
Au début de l’adolescence et des années 90, lorsque j’ai commencé à vouloir écouter autre chose que ce que mes parents me faisaient entendre (c’est à dire du rock et de la chanson française), je me suis dirigée vers la pop. Ayant passé mon enfance en Afrique, je ne connaissais rien de la musique des années 80, que j’ai découvert vers l’âge de vingt ans (longtemps, je me suis sentie en décalage avec ma génération, celle qui avait connu la télé et le Top 50). A 23 ans, je me suis mise à adorer Xiu Xiu et je crois que c’est ce qui m’a poussé à m’intéresser, de plus en plus, aux musiques expérimentales. Maintenant, j’écoute un peu de tout en fonction de mon humeur mais la pop, je m’en suis lassée dans l’ensemble. Je réécoute les disques que je possède déjà les soirs de nostalgie, ou lorsqu’une importante consommation d’alcool me donne envie de danser. Et puis, hier, soudain, je me suis demandé : au fait, à quoi ressemble la musique indépendante en Pologne ? Oui, ça me prend parfois, j’avais eu ma phase « Russie » auparavant aussi, bref. C’est ainsi que j’ai découvert ce groupe, qui fait donc de la pop.
Au fur et à mesure des albums, divers noms me sont passés par la tête, Moldy Peaches et Belle & Sebastian entre autres. Mais en fait non. Je trouve que ces airs rappellent quelque chose tout en restant singuliers et au bout du compte, à ma grande surprise, « en fait ce n’est pas aussi nul que ça » me suis-je dit. C’est peut-être en partie parce que je ressens la sincérité de ces artistes, leur joie de faire de la musique ensemble. Je ne sais pas du tout quel titre choisir, pourquoi pas celui-là ? (En vérifiant que le lecteur fonctionne, je m’aperçois que les autres titres de l’album s’enclenchent automatiquement en fait, si jamais celui-ci ne vous plaît pas mais que vous souhaitez laisser une autre chance au groupe).

Ensuite, comme j’aimais beaucoup la chanson « Calling », je suis allée voir s’il existait un clip et … Euh… J’ai découvert ça :

J’ai trouvé la vidéo freaky. Tous ces sourires pleins de dents m’ont perturbée. Ensuite, j’ai essayé de chanter la bouche écartée en exhibant ma dentition. C’est impossible ! Les commissures de mes lèvres se mettent à trembler et ça tire dans les joues. (Bon en fait, à 3 minutes et 26 secondes, il y en a deux qui oublient qu’ils doivent montrer leurs dents, mais la chanteuse y parvient jusqu’à la fin. Admiration.)

2. 1926
Nous sommes toujours en Pologne. De liens en liens, par la magie du Web, je suis arrivée là. J’ai été intriguée par ce qu’il pouvait y avoir derrière ce nom. Lequel, je suppose, doit être lié au coup d’Etat de mai. Globalement, je crois que j’aurais adoré leurs longs morceaux (20-25 minutes en moyenne) si je les avais découvert entre l’année 2002 et l’année 2005, à l’époque où j’écoutais beaucoup de post-rock. Comme pour la pop, je me suis lassée de ce genre musical et lorsque je souhaite en réécouter, j’ai plutôt tendance à ressortir mes vinyls cartonnés. Néanmoins, il y a cette exception, ce morceau au titre étrange, qui n’est pas vraiment post-rock et que j’ai trouvé très beau.

3. Geronimo!
Ce groupe-ci, je l’ai découvert grâce à ZB. J’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de leurs morceaux. celui-ci est mon préféré, pas seulement parce que je ne connais que trois types de nœuds de cravate.

4. Dead Neighbors
Ce qui est chouette, avec les années 80, c’est qu’il est encore possible de découvrir des groupes post-punk oubliés une trentaine d’années après. Certes, rien de très original dans ce groupe par rapport à ce qui se faisait autour d’eux la même année, mais là encore, il est question d’énergie. Lorsque je fais des exercices de fractionné sur un tapis de course, je mets volontiers ce titre le temps d’un sprint.

5. Blick Bassy
Sans aucun doute l’artiste le plus connu de la liste. Je suppose qu’à trop chercher à écouter des groupes obscurs, j’en oublie de prêter attention aux autres. Cette chanson a résonné sous ma peau et embelli ma soirée un 28 novembre. Merci Victoire.

6. Bears on Parade
J’écoute ces confessions. Grandit cette sensation angoissante que quelque chose bascule et que ça se produit exactement au moment où je l’entends. Petit à petit le piano domine le reste. Là, j’en suis certaine, a lieu le dénouement à imaginer.

7. Vanessa’s Entire Heart
Ce n’est plus un secret et je n’en ai pas honte : j’ai un faible pour les chansons tristes des filles à belle voix qui jouent de la guitare, alors voilà.

8. Rainbow Danger Club
On ne sait jamais à quoi s’attendre avec ces Chinois là et leurs 7 albums (Ep et lives compris) parus en 3 ans. Morceaux interminables instrumentaux très rythmés (il y en a qui disent « épiques », « math rock » ou encore « rock progressif »), ballades douces chuchotés, sons électroniques… Alors, inévitablement peut-être, certains me plaisent et d’autres pas du tout. Malgré tout, j’aimerais être capable d’inventer un film qui aurait cet album pour bande-son.

Et une petite dernière, allez, parce que…
Space. Growing so lean. The land is infertile. And the air is so unclean. We’re searching for the new frontier. 
Room. Closing its doors. The kids are grown up. But the toys, still on the floor. Man, searching for the exit plan
To make our riches or to praise our gods. We’ll pack our belongings and we’ll jump into our pods set course for the nearest star.

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14 chansons avant de partir

Je n’ai quasiment rien écrit ces dernières semaines pour diverses raisons plus ou moins identifiables : des objectifs professionnels à atteindre en un temps limité, des week-ends entre amis bien remplis, et sans doute une lassitude générale vis à vis de ce que j’écris… J’en ai assez de parler de l’absence de mon amoureux et de “ma” bibliothèque, sachant que je n’ai pas envie de partager le reste. De toute façon, mes archives en témoignent, l’été me pousse rarement vers l’introspection, quand la musique reste omniprésente dans ma vie quelle que soit la saison. A partir de demain soir, je passerai 20 jours avec mon amoureux, de ma Provence natale à l’Irlande en passant par l’Angleterre, loin de l’ordinateur. L’unique note du mois d’août sera donc musicale. Je pars sur 14 titres soit 1 heure de musique (estimez-vous heureux, il y avait 40 morceaux dans ma première sélection), en espérant retrouver le goût d’écrire à mon retour.

1. The Rest – Modern Time Travel (Necessities)

J’ai entendu cette chanson pour la première fois sur ce blog indispensable. C’était en mars, il me semble… Je l’ai écoutée plusieurs fois ce jour là. Alors je ne comprends pas comment j’ai pu attendre quatre mois avant d’acquérir l’album. Depuis, en tout cas, je ne cesse de l’écouter. “Everyone All At Once” pourrait être le meilleur disque pop-rock de l’année. Entre morceaux épiques et ballades acoustiques, chaque titre est harmonieux et entêtant. Je choisis de partager “Modern Time Travel (necessities)” pour son refrain irrésistible, mais si je tenais un audioblog, j’ajouterais que cet album, dans son intégralité, est “hautement recommandé”.

2. Donny Hue and the Colors – Lady Tomcat and the Turning Trees

Je ne sais quasiment rien de Donny Hue and The Colors. Je n’ai même pas écouté un seul de leurs albums en entier. Via Hypemachine, j’ai écouté une chanson que j’ai aimée instantanément. Alors j’ai pioché d’autres morceaux en libre écoute… J’ai repéré l’omniprésence de l’harmonica, une longue écoute de Dylan sans doute, des textes souvent intéressants, mais rien d’assez original pour me donner envie d’en savoir plus pour l’instant, en dehors de ce titre : “Lady Tomcat and the Turning Trees”. Il m’a transportée dés les premières secondes de la découverte… D’abord et surtout, je suis sensible à cette voix rauque et sourde, presque androgyne. Ensuite, il y a la manière dont les instruments s’assemblent et se renforcent, la guitare présente dés le début, puis le piano, cet harmonica, et enfin tout se meurt dans le bruit de la mer.

3. Angel’in Heavy Syrup – First Love

Ces 3 Japonaises ont sorti quatre albums, entre 1991 et 1999, avant d’être oubliées. Pourtant leur musique psychédélique méritait davantage de reconnaissance. Parfois leurs solos de guitares de dix minutes peuvent décourager l’auditeur, et certains morceaux ressemblent à des puzzles sans thème, sans refrain, bref sans fil conducteur. En revanche, “First Love” est très accessible tout en restant un très bon morceau.

4. Manual Zombie – Justifying to God

Ce duo de Brooklyn vient à peine de sortir son premier EP, “Ice From The Sun”. Le groupe joue, avec une grande part de second degré, sur une imagerie liée aux zombies et aux films gores. Je n’ai pas adoré les titres que j’ai entendus jusqu’à présent, à l’exception de celui-ci. J’en suis la première surprise, car étant très sensible à la pureté des voix, je tolère mal les paroles “grondées”. Néanmoins, j’admets avoir écouté ce morceau une dizaine de fois en moins d’une semaine, sensible à sa mélodie et à son ambiance à la fois apaisante et inquiétante.

5. Blind Man’s Colour – Sleeping Habits

Les membres de Blind Man’s Colour sont deux étudiants américains de 19 ans. Ils ont commencé par faire des reprises, de Animal Collective notamment… Une influence évidente, trop évidente, à l’écoute de l’album “Dreaming Seasons”. Cependant, ils savent créer de bons morceaux. Peut-être même oserais-je dire qu’il se hissent au niveau de leurs idoles. J’ai choisi de partager le titre qui me paraissait le plus unique. L’album, en dépit de son relatif manque d’originalité, s’écoute très agréablement. Il vient tout juste de paraître sur Kanine Records et je lui prédis un certain succès.

6. Eagle Boston – Satan Highway

Ce groupe de filles berlinoises n’est pas encore signé sur un label et n’a sorti aucun album. Seul ce morceau, paru sur une compilation emusic, est disponible. C’est new wave voire post-punk, dansant et accrocheur. En attendant d’en entendre davantage, j’ondule facilement dans mon salon en écoutant “Satan Highway”.

7. Clann Zu – Absence makes the heart die

Récemment mon amoureux m’annonçait qu’il avait relu nos premiers mails. Par curiosité, j’ai fait de même. C’est ainsi que j’ai vu qu’en 2004, je lui conseillais d’écouter Clann Zu. J’étais très élogieuse quant à ce groupe que j’avais complètement oublié 5 ans plus tard (et qui s’est dissous entre temps d’ailleurs). Depuis, j’ai rattrapé cette amnésie en me repassant leur discographie. Ce groupe, malgré sa brève durée de vie, a réussi à explorer différents domaines musicaux, du folk au post-rock en passant par le rock. “Absence makes the heart die” m’a émue immédiatement. Bien sûr, le titre me parlait, m’inquiétait précisément, étant donnée ma situation actuelle. Évidemment, j’ai fait une fixation sur ce passage : “and you crawl away to fade another day”. Néanmoins, comment résister à ce violon et à ces lamentations ? Ce morceau est déchirant.

8. Otomo Yoshihide’s New Jazz Ensemble – Preach

C’était il y a trois ou quatre ans… Mon amoureux est arrivé dans mon précédent appartement et, avant même d’avoir enlevé son manteau, il m’a dit : “ça, ça va te plaire” en plaçant son casque sur mes oreilles. Depuis, en effet, ce morceau fait partie de mes favoris. J’y reviens régulièrement alors que je n’aime pas toujours ce que fait Otomo Yoshihide. Je suppose que la voix fêlée presque fausse de Jun Togawa ne pouvait que me plaire. J’ai une sensation d’ivresse quand je me passe cette chanson… Inexplicablement, je me représente une femme qui chante en titubant devant un orchestre de jazz pour faire danser un public, une sorte de tristesse festive.

9. Goodnight and I wish* – The Rule of Three

Goodnight and I wish* est un “one man band”. L’artiste, qui a enregistré l’album chez lui, a l’air d’un curiste caricatural. La pochette – tellement mignonne ! – semble avoir été dessinée par un adolescent gothique. Cependant, cette musique, quoique inégale, n’est pas inintéressante. L’album est divisé en deux disques, l’un s’intitule “moon” et l’autre “sun”. Le disque “lunaire” est plutôt post-punk, froidement dansant et 80’s, tandis que le disque “solaire” est assez pop, cousin des disques de Moose. Si je devais mettre une note à l’ensemble, ce serait 3/6. Néanmoins, certains morceaux méritent d’être entendu, “The Rule of Three” extrait de “Sun” par exemple.

10. Zola Jesus – Smireneye

Zola Jesus, c’est Nika Rosa Danilova, compositrice et chanteuse de 20 ans, qui fait une musique expérimentale, plus ou moins noise, gothique, ou pop, mais toujours en lo-fi (donc oui, ce son sale est complètement volontaire). Son premier album est sorti cette année et s’intitule “The Spoils”. La jeune femme utilise essentiellement un piano, une guitare, et surtout sa voix éthérée. Ce morceau est mon favori, notamment grâce au contraste entre le rythme industriel et la douceur de la mélodie.

11. Keyboard Choir – In this situation, thinking won’t help you

Comment définir ce groupe anglais (Oxford) électronique, expérimental et sombre… Ce morceau, en tout cas, n’avait rien pour me plaire au départ, dans le sens où la voix de rappeur américain (à 2 minutes et 20 secondes du morceau) correspondrait plutôt à ce que je déteste. D’autres morceaux purement électroniques de l’album s’accordent davantage à ce que j’aime écouter. Cependant, voilà, à la fin de ce titre, quand le rythme s’accélère, mon cœur bat la chamade or rares sont les morceaux qui me donnent d’aussi belles tachycardies, d’où ce choix.

12. Animal Magic Tricks – King

Je n’ai pas encore acheté le premier LP de Frances Laura Donnelly (aka Animal Magic Tricks), disponible à un prix dérisoire sur son myspace, mais j’y pense suite à ce que j’ai vu et entendu d’elle. Une belle voix, un violoncelle et quelques bidouillages électroniques peuvent suffire à me satisfaire.

13. múm – sing along

C’est peut-être une mauvaise nouvelle pour les fans de l’electronique délicate et planante de ce groupe : désormais, sur son dernier album “Sing Along Songs You Don’t Know” (sortie prévue pour le 24 août sur FatCat Records), múm fait de la pop, une pop toute à fait charmante par ailleurs. Ce morceau en est un exemple parfait : c’est la chanson adorable – so cute ! – qu’on ne peut s’empêcher de fredonner et qui rend joyeux… Rien de plus, mais certains jours cette musique peut être salvatrice.

14. Musette – 23 october

Musette, c’est surtout Joel Danell, compositeur et pianiste suédois. Datum est son premier album. Chaque titre porte le nom de la date à laquelle il a été créé. Il s’agit, en quelque sorte, d’un journal instrumental. Il contient du piano, du violon, de l’accordéon, de la guitare, des bruits enregistrés sur cassette et parfois un sifflotement. Même si le 23 octobre côtoie le 18 juillet ou encore le 24 janvier, il me semble entendre la bande-son d’un film qui se déroulerait en été. La semaine dernière, j’étais allongée dans l’herbe d’un parc, à côté d’un ami. Nous ne nous disions rien. Il lisait pendant que j’observais les nuages – fixes au dessus de moi, alors que ceux situés à ma droite s’enroulaient paresseusement et changeaient de forme à chaque instant – en écoutant les exclamations joyeuses des enfants, le bruit d’un ballon heurtant un arbre, les voix fortes d’un couple… L’herbe fraîche poissait mes bras, moites malgré la brise. Si je choisissais une musique pour accompagner cet après-midi là, ce serait celle de Musette. Je ne partage qu’un morceau, mais l’album devient vraiment intéressant quand il est diffusé en intégralité, car il faut laisser à l’atmosphère de l’enregistrement le temps de prendre possession de l’espace et du temps.

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