Archives mensuelles : avril 2004

Honey, we are so ridiculous

Une convocation pour un concours à passer dans deux semaines ?! “Ah oui, j’avais oublié de te dire que je t’avais inscrite” Merci maman adorée, toujours dissimulée derrière mes angoisses. Non en fait je m’en fous, c’est un divertissement comme un autre d’écrire des banalités sur des copies d’examen, c’est toujours mieux que d’aller pointer à Monop. Hors de question que je me fatigue à bosser, de toute façon je suis brillante, tout le monde le pense sauf moi, or les autres ont toujours raison. “C’est pour ton bien”, “je t’accepte telle que tu es”, “je ne dis pas ça pour te blesser”, “pense à moi et tu ne la fumeras pas cette cigarette”, “tu devrais faire plus attention à toi, moi je dis ça pour toi hein” – shut up ! Bon, le chat, je ne suis pas un trempolin, tu t’installes sur mes genoux ou tu t’en vas, allez casse-toi tu me fatigues aussi – Merde je t’ai pas fait mal au moins ? Cette nuit, je l’ai entendu miauler dans mon rêve, en fait le bruit provenait de mes poumons, je me lève et j’essaie de respirer – comme la situation m’angoisse, j’allume machinalement une Marlboro menthol… C’est, littéralement, à s’étouffer de rire. Haha, t’as pas l’air maligne là, quand même la fumée refuse de passer dans ton corps ! Quelle conne ! Take me out.

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It’s been a bloody stupid day

Dans mon rêve, Christina Ricci fait une sorte de longue guirlande avec des colombes en papier, suspendues entre elles par un fil ondulé. Je trouve que c’est très joli, alors je me rapproche pour le lui dire. En arrivant à proximité d’elle, je m’aperçois que ce sont en fait des colombes réelles, faites de plumes. Elles sont mortes, il y a du sang aux endroits où passe le fil (qui s’avère être une lame), leurs yeux pendent à l’expérieur de leur corps, les ailes sont cassées. Je me mets à pleurer et Christina Ricci est impassible. Je suppose que je n’aurais pas fait ce rêve si je n’avais pas vu Monster au cinéma hier. N’empêche, ma nuit m’a perturbée. Une heure après m’être levée, je me rallonge. J’ai l’impression d’être absorbée par le matelas, je glisse vers le sommeil sans jamais y accéder. Au moment où j’entends “there is a light that never goes out” pour la dixième fois environ, je réalise que le CD des Smiths doit tourner depuis très longtemps… Ouvrant péniblement les yeux pour consulter le réveil, je m’aperçois que je suis restée dans ce lit de 8 heures du matin à 17 heures de l’après-midi – je dois être un petit peu fatiguée en ce moment. Direction le Monop où je “le” retrouve. La première fois que je l’ai vu, c’était il y a deux jours. Un homme gras et baraqué qui vient me parler à ma caisse : “vous vous coupez les cheveux de plus en plus courts, ça vous va bien cette nouvelle coupe de petit garçon” Merci, mais euh, vous êtes déjà venu ? (Un client de 150 kilos pour 1,80 avec un regard halluciné et une voix tellement essouflée que je dois me concentrer pour l’entendre, je l’aurais remarqué) “Je n’osais pas vous parler, je vous regardais juste, depuis bien longtemps”. Un peu surprise, je rends la monnaie sans répondre. Il me tend sa main, je tend la mienne par automatisme. Il la saisit avec ses deux mains moites et la lèche. Je la retire, parfaitement écoeurée. “j’ai de l’argent (dit-il en frottant ses doigts l’un contre l’autre) et un coeur aussi (dit-il en tapant le côté gauche de sa poitrine), vous viendriez avec moi ?” Non. “Pourquoi ? J’ai trente ans, un joli appartement…” ça ne m’intéresse pas monsieur. Bonne journée. “Attendez, vous êtes mariée ?” ça ne vous regarde pas. “Si vous y tenez, je peux aussi vous payer, un autre genre de client vous voyez…” Non merci. “Je dis pas ça pour vous froisser, je ferais n’importe quoi pour vous (balancement de reins évocateur), je vous aime, c’est pas des bêtises” Je lance un regard suppliant au vigile, qui vient à mon secours (”vous gênez le travail de la caissière monsieur, d’autres personnes attendent”). Hier, alors que je redescendais de salle de pause, une caissière me dit : “ton client amoureux pas net, il est venu me demander où t’étais, il t’a cherché dans tout le magasin, il m’a aussi demandé si je savais où tu habitais, comment tu t’appelais, plein de trucs comme ça”. Aujourd’hui, à 21 heures, alors que je participe, avec quelques caissières, au rituel de la-cigarette-devant-le-Monoprix-en-sortant, je le vois s’approcher de moi. Le regard toujours aussi fixe et vide, il me tend la main. “Je ne vous serre pas la main, je ne vous connais pas”. “On pourrait faire connaissance.” “Je ne veux pas faire connaissance avec vous” “Pourtant… pourtant…” Il commence à s’éloigner, puis se retournant “à très bientôt, vous me reverrez”. Il a fait peur aux autres caissières qui m’ont tenu compagnie un quart d’heure de plus que d’habitude, le temps d’être certaines qu’il ne risquait pas de me suivre chez moi. “Il a vraiment l’air d’un psychopathe, s’il est encore là demain tu devrais appeler la police”, disent-elle. Non n’exagerons rien… Je prends un air assuré, mais il a réussi à m’inquiéter. Je ne supportais déjà plus ce boulot, il ne me manquait plus qu’un pervers pour m’angoisser quand je rentre chez moi.

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