Archives mensuelles : janvier 2004

le reflet musical de Narcisse

Elle dit que je ferais mieux de sortir, au lieu “d’écouter de la musique déprimante toute seule” chez moi. Elle ne comprend pas le besoin de vide. Elle pense que c’est un comportement masochiste. Je réponds que ce n’est pas masochiste, mais narcissique. Il y a des soirs où je ne supporte que moi. Ces moments où j’aime ma solitude, d’un bonheur mélancolique. Ne pas être obligée d’écouter, d’interpréter, de répondre, d’être en intéraction constante. Danser un peu les yeux fermés, s’asphyxier de nicotine, n’avoir que des mélodies pour compagnie, ce n’est pas déprimant, à peine inquiétant. Elle dit que je fais l’autiste. Je répond qu’elle ne cesse de papillonner, sans cesse perturbée par ce que chacun pense d’elle, à la recherche d’affection. Dans ma bulle musicale, autrui a aussi peu d’importance que le froid à l’extérieur, je me sens protégée. Elle dit qu’elle ne pourrait pas s’isoler comme je le fais. Je lui réponds que si je n’avais pas trop agi comme elle ces derniers jours, je n’aurais pas autant besoin d’être seule désormais. Get me away from here I’m dying… Laisse-moi préférer les images floues, aux mots blessants, et le vide rassurant, au déjà-vu étourdissant. Mon inhumanité me réconforte. She’s not afraid to die, the people all call her Alaska…

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catégorie monop’

Une journée à entendre “sur un air latino” (Alizée ? A moins que ce ne soit Lorie ?), j’essaie de me laver la tête avec du Nico. “J’l’avais vu deux jours avant sa mort, l’avait jamais été aussi heureux, et il meurt d’un infarctus. Il faisait trop d’excès, il buvait trop, rentrait chez lui à 1 heure du matin, à 60 ans, c’est sa bonne humeur qui l’a tué” Tous les jours, une mémé vient me parler de la mort de quelqu’un. J’ai toujours aimé la chanson de Brel qui s’intitule “Les vieux”, mais je n’avais jamais saisi à quel point elle était juste. “… c’est possible ?” Pardon ? “je peux payer avec la carte bleue ?” Ah oui, à partir d’un euro. “A quoi vous pensiez ? vous aviez l’air très loin d’ici.” (J’étais en train d’imaginer que je tenais une arme et que je tirais sur la foule, et je me disais que, bizarrement, ça ne tuerait pas les gens mais le décor, les images… Ce serait aussi inutile que de tirer sur ma télé pour tuer les acteurs) A rien, je suis juste un peu fatiguée. “Vous avez presque fini, courage” (oui, jusqu’à demain) merci. Elles n’ont surement pas l’âge d’acheter de la vodka ces deux là. On ne vend pas d’alcool aux mineures. “On est majeures” Je peux voir vos cartes d’identité, alors ? D’après vos cartes, vous avez 14 ans. Gonflées les gamines. “Il y a une dame qui vient de tomber dans les escaliers, je suis sure qu’elle s’est fait très mal, je crois même qu’ils appellent les pompiers”, dit-elle avec un air absolument ravi. Ah bon ? “ah oui, une belle chute, ça valait le coup d’oeil” Si vous le dîtes… Les vieilles dames sadiques sont inexplicablement attachantes.

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