Archives mensuelles : octobre 2003

Bird, I cannot see a thing

Pendant longtemps, je me sentais coupable de souhaiter leur mort, imaginaire du moins. Savoir si je me sentirais libérée sans eux, ou si je n’étais pas capable de vivre autrement que pour eux… Etre confrontée à leur disparition pour comprendre quel rapport m’unissait à eux. En ce moment, je les vois différemment, de façon cruelle, sans cet espèce de “filtre affectif”… Au lieu d’écouter ce que dit mon père, je remarque sa dégradation physique, comme s’il avait pris dix ans en une nuit. Je sais qu’il n’a pas vieilli prématurément, quelque chose m’empêchait simplement de le voir auparavant. Je pense qu’à sa mort, je regretterais de ne jamais lui avoir parlé d’autres choses que de mes études ou de la météo, oui mais. Au contraire, je me sens coupable d’avoir fait trop de confidences trop rapidement à ma mère, qui en arrive à rêver que je me suicide ou que je meurs d’une overdose. Je vois sa maladie progresser, ses poumons s’intoxiquer, et surtout je constate son enfermement progressif dans un monde étranger à tous ceux qui l’entourent. Pourtant, je n’arrive pas à ne pas être méchante, agressive, voire cruelle avec elle. J’expire ensuite tout l’amour que je lui porte sur des lettres qu’elle ne lira jamais. Est-ma faute ? Est-ce la leur ? L’explication se situe peut-être trop loin dans le passé, un détail ou un tout ? Incompréhension coupable et amère.

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Fox in the snow…

J’en ai assez de m’auto-persuader, de m’accrocher, de me fixer des objectifs, et j’y croirais presque ! Jusqu’à la prochaine crise de larmes. c’est indécemment laid une larme : c’est sale, poisseux, irritant, ça me fait un maquillage à la Robert Smith. Ils disent que c’est de la faiblesse de déprimer, parce que tout le monde est dans la même merde et qu’il suffit de profiter des bonheurs simples pour se sentir bien. C’est de l’immaturité, de l’égoisme. Plus grave encore : ça pourrait tacher le bonheur illusoire de ceux qui m’entourent. C’est pourquoi, je vais rester seule afin de ne déprimer personne d’autre que mon chat. Stuart Murdoch, dans mon lecteur CD, ne devrait pas m’en vouloir. Pas tout à fait seule, puisque j’ai aussi de l’alcool et des cigarettes, pas de médicaments pour aller avec hélas. “Allez reprends-toi Peek_a_boo !” Bah, ça ira mieux demain comme ils disent… sauf que c’est la perspective d’être encore là demain et les jours suivants qui fait que je me sens mal. Pourquoi la science n’a-t-elle pas encore trouvé un moyen pour hiberner ? S’endormir quelques jours ou quelques siècles, n’ouvrir les yeux que pour vérifier que tout est toujours aussi moche. Je suppose que rêver à cette invention dénote encore un reste d’espoir quant à l’avenir ? Même ma capacité à me répandre sans le moindre zeste de pudeur dans cet espace virtuel m’écoeure. C’est facile, n’est-ce pas, de parler à du silence quand personne de réel n’accepte de m’écouter ?! Nausée.

(Belle and Sebastian – If you’re feeling sinister)

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