Archives mensuelles : février 2014

Pendant que les nuages éclairaient la nuit…

Les nuages blancs tapissaient le ciel et rendaient la nuit lumineuse. « Les nuages éclairent la nuit », ai-dit à mon amoureux, assis face à moi sur la terrasse. J’ai ajouté : « c’est une jolie phrase. Ou les nuages illuminent la nuit. Je ne sais pas laquelle des deux je préfère ». Il m’a répondu : « oui mais tu sais que ce n’est pas normal, ils devraient être noirs… » « Ce sont les lumières de la ville dans les nuages, c’est ça ? » Il a aquiescé. Quelques anges sont passés. « Un monde dans lequel ce sont les étoiles qui éclairent la nuit a sans doute quelque chose de plus rassurant, au moins de manière symbolique », ai-je pensé à voix haute. « On oublie vite comment c’était », a-t-il remarqué. « Pendant le week-end en Bourgogne, quand tu es allée te coucher avant la fin du jeu… Je t’ai rejointe rapidement. Mais juste avant, je suis sorti fumer une cigarette pour accompagner ma dernière bière, et il y avait plein d’étoiles dans une nuit noire… Tellement d’étoiles que je n’avais pas besoin de les chercher, tu sais. Et j’ai vu plusieurs étoiles filantes, comme ça, sans chercher à les voir. Je ne suis pas resté longtemps pourtant. Je savais que la nuit ressemblait encore à ça dans certains endroits mais j’avais oublié comment c’était, tu vois ? » « Oui, très bien ». Il est rentré finir un travail à rendre pour le lendemain matin. Je suis restée sous les nuages blancs, il ne faisait pas froid.

J’essayais de me rappeler de la dernière fois où j’avais vu le ciel depuis un endroit suffisamment éloigné des lumières de la ville, seule la campagne normande me revenait en mémoire, peut-être parce que mes parents m’apprenaient les constellations les soirs d’été, quand je pouvais me coucher tard grâce aux vacances scolaires. J’essaie d’imaginer Le Boutchou dans la campagne… Il aimerait certainement découvrir les ciels étoilés, le petrichor, les formes dans la gadoue, des animaux différents des chiens qui caguent sur les trottoirs et des pigeons affamés. Dans le même temps, un retour à la terre ne m’attire pas du tout. J’ai déjà dû prétendre que c’était à cause du manque de divertissements, j’y croyais même sans doute. Oui je verrais certainement davantage de concerts sans la présence de mon fils, pour le reste en revanche… Je ne profitais pas de tout ce que Lyon m’offrait quand j’avais tout le temps nécessaire pour le faire. Sortir de chez moi m’est toujours difficile, en partie par flemme, en partie parce que je suis souvent bien chez moi alors qu’ailleurs je ne sais pas encore si. Je vis la sortie la plus anodine comme une expédition.

Et puis surtout, les nombreuses fenêtres partiellement éclairées des immeubles, les éclats de voix des passants en retard ou des gens qui titubent sur les trottoirs, l’anonymat dans les rues, le roulements lointain des voitures, cette impression qu’à part peut-être le dimanche matin il y a toujours quelque chose d’humain qui vit à toute heure… tout me rassure. Le quasi silence animal des campagnes m’oppresse un peu, enfin je crois. Peut-être est-ce pour cela que je me plaisais tant à faire chanter les coqs au mileu de la nuit quand j’étais gamine. Enfin… Je n’ai pas oublié cette période angoissante pendant laquelle tout me paraissait irréel et faux. Plus il y avait de passants et plus je me sentais déconnectée d’eux, exilée, mais j’ai dans l’idée que ce sentiment aurait été le même n’importe où à partir du moment où je n’étais plus qu’une ombre.

De toute façon, si j’imagine mon fils heureux à la campagne, c’est sans doute aussi parce que celle-ci était un terrain de jeu sans cesse surprenant pour moi, quand j’étais enfant. Or il faut se méfier de ce genre de projection, sinon on finit facilement en vieux con qui radote en répétant : « moi quand j’avais ton âge… » Mon père utilisait souvent cette expression, elle me valorisait rarement : « moi quand j’avais ton âge je n’étais pas tout le temps dans la lune », « moi quand j’avais ton âge, je n’avais pas du fromage blanc à la place du cerveau »… Comme je n’osais pas encore répliquer, je pensais mentalement : « toi c’est toi, moi c’est moi ». Ce qui n’était ni complètement faux ni complètement vrai. Un jour, alors que j’avais un problème de maths à résoudre, il m’avait ordonné en gueulant : « va faire le tour de la maison en marchant, on ne peut pas réfléchir le cul posé sur une chaise ! » Il n’était ni le premier ni le dernier à défendre ce point de vue. Mon Nietzsche bien aimé se moquait des penseurs assis. A l’heure actuelle, mon amoureux doit déambuler pour réfléchir. La première fois, je n’ai pas compris. Je l’ai vu aller et venir avec un oeil vague, j’ai demandé : « ça va ? » « Je réfléchis » m’a-t-il lancé comme s’il chassait une mouche. Ah. J’aime marcher, oui, mais la marche me permet surtout de rêvasser, voire même de divaguer. C’est assise (et, depuis quelques années, avec une cigarette entre les doigts) que je réfléchis le mieux.

Mon père n’a jamais pris son petit fils dans ses bras. « C’est trop fragile un bébé et – me désignant – c’était pareil avec toi ». « C’est vrai », a confirmé ma mère. Je le comprends, je n’étais pas vraiment rassurée non plus la première fois qu’on m’a tendu ce truc en caoutchouc. Néanmoins, quelque part, ce comportement lui allait si particulièrement bien. Ses peurs et ses inquiétudes s’expriment toujours par de la froideur ou par de la colère. Malheureusement, c’est un raisonnement qu’aucun jeune enfant ne peut comprendre. Au cours de ces dernières années, j’ai beaucoup réfléchi à mon éducation, à ce qui me paraissait injuste comme à ce qui nourrit encore ma reconnaissance, à ce que je voulais transmettre et à ce que je craignais de reproduire inconsciemment. C’était assez clair pour moi, jusqu’à ce que je m’aperçoive des différences entre mon éducation et celle de mon amoureux. Parmi elles, certaines n’ont aucune importance puisque nous sommes du même avis malgré tout. Par exemple, outre une partie de leur culture, mes parents m’ont transmis leur curiosité intellectuelle. Quand j’ai rencontré le futur père de mon minot, je m’étonnais qu’il puisse découvrir les films que j’avais vus dix ans plus tôt, et des groupes que j’entendais avant de savoir marcher. J’étais ébahie quand il m’avait confié : “chez moi, on n’écoutait pas de musique. Et non, je n’ai jamais entendu mes parents chanter ni même fredonner”. Au lieu d’ironiser à propos de son inculture, j’aurais dû admirer ce bon goût que personne n’avait réellement cultivé chez lui… J’étais jeunette et sans doute plus snob que j’aurais accepté de l’admettre.

Et puis, il y a le reste. Il est né parmi les fourmis, et moi parmi les cigales. Chez lui, on ne jette rien, on recycle tout, on épargne au maximum, on finit son assiette, on ne s’encombre pas de jouets car le moindre objet du quotidien peut faire l’affaire. J’admire sincèrement la capacité de sa mère a inventer un bonhomme fascinant avec un bouchon en liège et quelques cure-dents. J’aimais moins le moment où elle voulait laver un bébé de six mois dans une bassine avec un savon pour adulte qui piquait les yeux… d’où une éruption cutanée et un Boutchou qui hurlait quand on voulait le baigner durant les six semaines suivantes alors qu’il adorait jouer dans son bain auparavant. Chez mes parents, le confort est maximal, ils en arrivent à acheter les mêmes éléments que chez nous pour que l’enfant ne soit pas dépaysé, et puis il y a toujours un nouveau jouet à découvrir à chacune de ses venues car « je suis sure qu’il va m’aimer au moins et puis à cet âge là ça s’ennuie vite, comme ça il pourra s’occuper tout seul ». C’est pratique. Mais l’achat du siège bébé spécial bateau pour une semaine… C’était idiot. A cause du mistral la mer était mauvaise donc nous ne l’avons pas utilisé, or la prochaine fois que nous viendrons il ne sera plus à la bonne taille. Jusqu’à quel point réussissons-nous à trouver un juste milieu entre ces extrêmes ?

Dans la petite enfance de mon amoureux, le Père Noël, la Petite Souris et les cloches de Pâques n’ont jamais existé. Il est ravi d’affirmer : « mes parents ne m’ont pas pris pour un débile en me racontant des conneries ». Ce à quoi je réponds que la célèbre déception de l’enfant qui apprend que le Père Noël n’existe pas, je ne l’ai pas vécue. Mes parents m’ont annoncé la nouvelle en m’expliquant : « tu es une grande, tu dois savoir que… » et par conséquent, j’étais plutôt fière d’être devenue grande. J’ai bien essayé deux trois arguments : non mais ce n’est qu’une manière de rendre la réalité magique, c’était chouette d’y croire, et puis dans ce cas pourquoi raconter des histoires de fées de sorcières et de lutins puisque le petit enfant est par nature crédule et que toutes ces inventions deviennent réelles pour lui. Pourtant, est-ce vrai ? Est-ce que je ne me contente pas de vouloir reproduire une tradition stupide sans intérêt ? En tout cas pour l’instant Le Boutchou est trop jeune pour être concerné, mais ensuite « tes histoires de Père Noël et de Petite souris, tu ne comptes pas sur moi pour les appuyer, si tu décides de lui faire croire à ce genre de truc ce sera sans moi ». Est-ce dommage ou non ?

Entre temps, les nuages se sont éloignés dans le ciel, il n’y a pas plus d’étoiles visibles pour autant. J’aimerais trouver un lien entre le point de départ et mes dernières pensées avant de rentrer au chaud dans mon appartement… Je n’y arrive pas. Il surgira peut-être dans mes prochains rêves. En tout cas, « les nuages éclairent la nuit » c’est une jolie phrase, ou « les nuages illuminent la nuit », je ne sais pas laquelle des deux je préfère. Tant pis pour les étoiles oubliées.

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La ménagère et l’écriture

Mes parents m’ont offert toutes sortes de cadeaux pour Noël au fil des années. J’ai oublié la couleur de de mon premier hochet mais je me souviens du premier walkman que mon père avait ramené d’un voyage professionnel en Asie. Il m’avait annoncé fièrement : « c’est un Sony ». Ensuite, longtemps, j’ai cru que cette marque était le gage de qualité ultime. (…) Leurs choix étaient généralement prévisibles : les jeux, les livres, ou les vêtements rouges. Occasionnellement, ils ont été un tout petit peu plus inattendus, cet iphone l’hiver dernier par exemple. Si par hasard j’utilise mon téléphone portable (pour cela je dois savoir où il est, avoir pensé à le recharger, à l’allumer, et à le mettre à proximité de moi : autant dire que ça ne m’arrive pas tous les jours) c’est uniquement pour… téléphoner, donc n’importe quel téléphone bas de gamme me suffit. Je me fous d’avoir Internet sur mon mobile et je suis nulle en écran tactile. Mais bref, en plus de trois décennies, j’ai ressenti toutes sortes d’émotions lors du déballage de cadeaux. A dire vrai, je ne m’attendais plus à être surprise le 25 décembre. Pourtant, je me rappellerai certainement de ce Noël 2013, du jour où mes parents m’ont acheté deux appareils ménagers, deux robots super performants. Ils n’essayaient pas de me transmettre de manière subtile un message déplaisant quant à l’état de mon appartement, ils souhaitaient seulement m’aider. Malgré tout, à l’instant où le carton est apparu sous le papier, j’ai vécu une sorte de révélation : socialement, j’étais devenue une vieille une ménagère.

Par le passé, je me rappelle d’avoir été « l’étudiante », celle que tout le monde considérait comme telle, dans les amphis, dans les bars, dans les gares, comme dans les petites cases administratives. A un moment donné, je suis passée d’étudiante à caissière, celle que les clients reconnaissaient dans la rue, eux que je décrivais si souvent sur mon blog. En devenant bibliothécaire, j’étais reconnue comme… euh non en fait, vis à vis de mes supérieurs, j’avais plutôt l’impression d’être rabaissée au rang de secrétaire ou de potiche. Néanmoins, pour mes proches et pour la Direction Générale des Finances Publiques, j’étais bibliothécaire. Et je me vivais en tant que bibliothécaire surtout, essentiellement. C’était la raison pour laquelle j’acceptais volontiers de me lever durant la semaine et ce que j’essayais de faire au mieux.

Au début de ma vie à Sainté, on me considérait encore aussi comme une personne en recherche d’emploi. Tout le monde me demandait régulièrement : « et professionnellement tu en es où ? », a chaque fois j’avais envie de pleurer. Et plus les mois défilaient plus les larmes affleuraient, alors j’ai fini par rétorquer sèchement : « s’il y avait du nouveau, vous seriez au courant ». Maintenant je suis uniquement la maman ménagère. Ce n’est ni ce que je voulais devenir, ni ce que j’ai l’impression d’être, ni ce que je souhaite rester. Mais à l’heure où j’écris, mon amoureux est en voyage professionnel à 540 km d’ici, et mon fils n’a malheureusement pas encore atteint l’âge suffisant pour devenir un esclave domestique utile, même s’il montre clairement son intérêt pour les éponges, le balais et les chiffons. Mais le pire, le comble, c’est que je suis contente d’avoir ces joujoux ménagers. C’est quand même très triste d’être heureux de posséder un aspirateur.

Il y a deux ans et beaucoup de poussières, je vivais entre les éviers pleins, les cendriers qui débordaient et les cannettes de bière vides. Avant hier je me suis entendue dire à mon amoureux : « non mais la cuisine je dois absolument la nettoyer tous les jours, non ça ne peut pas attendre demain ». Phrase tellement terrifiante entre mes lèvres qu’il a éclaté de rire, croyant à une blague. En même temps, je le comprends. Je me reconnais beaucoup trop bien certains soirs dans le fond du verre et certains matins dans le miroir embué. Mes amis trentenaires de Lyon et d’ailleurs – mais pas d’ici, on ne se fait plus d’amis autour de chez soi quand on a 33 ans et qu’on est sans emploi – disent des trucs bizarres comme : « ah je n’ai plus l’âge de boire toute la nuit », « je ne récupère plus comme avant quand je fais des excès »… Bah euh… moi si. En fait, je trouve que je m’en remets mieux. Au lieu de finir prostrée sur la cuvette des chiottes, les cheveux collés au visage entre des murs qui tournent, je m’endors paisiblement pour déverser l’excès d’alcool dans des rêves abracadabrants. Ne pas boire d’alcool du tout m’est toujours aussi facile, ne pas finir une bouteille entamée m’est toujours aussi difficile. Mon nouvel aspirateur est posé à côté de mes Docs préférées, celles que je portais déjà 15 ans plus tôt. Je m’interromps tous les quarts d’heure pour fumer une cigarette depuis que j’ai commencé à écrire ce texte, même si désormais je vais sur la terrasse au lieu de parfumer mon clavier… Bref, j’ai déjà écrit que je me sentais vieille parce que j’avais l’impression d’avoir tout vécu (cette phrase me fera certainement rire dans vingt ans si je suis encore en vie), mais mon comportement en général n’a pas tellement évolué depuis euh… l’adolescence tardive (je crois que j’ai commencé à me comporter comme une ado à 21 ans en réalité). D’où le décalage. Quelle serait la tête d’une adolescente si elle recevait un aspirateur à Noël ? J’exagère bien sûr. Oui mais quand même…

En tout cas, grâce à mon aspirateur ultra performant et grâce surtout à mon nettoyeur à vapeur, je peux de nouveau envisager de finir le ménage assez tôt pour écrire. Non pas uniquement une note de blog. (De toute façon il me reste 15 lecteurs en comptant ceux qui sont arrivés par désoeuvrement sans avoir l’intention de revenir… Or oui, j’ai un blog pour être lue, je l’ai déjà avoué.) Pas spécifiquement non plus la pièce de théâtre que j’espère réussir à rédiger pour cette troupe sympathique. Simplement, écrire régulièrement, à heure fixe, au minimum cent ving minutes par semaine.

Après avoir publié le texte en rapport avec mon passage aux urgences de la maternité, un ami m’avait demandé : « il y a plein de détails, tu avais pris des notes ? » J’ai repensé à cet autre ami étonné que je n’en prenne jamais. « J’ai toujours un carnet sur moi pour prendre des notes », m’expliquait-il. Moi aussi, j’ai toujours un carnet sur moi. En fait, j’ai plein de carnets, sauf que j’y note les phrases des gens dans la rue, des citations de livres ou de films, des listes de choses à faire… jamais rien qui ne soit directement en rapport avec ce que je tape ensuite sur le clavier. Certains textes contiennent autant de détails alors qu’il s’agissait de vieux souvenirs parce que je les « écrivais » déjà pendant que je les vivais. Par exemple, sur le siège du taxi qui m’amenait vers l’hôpital, je prenais mentalement des notes. On pourrait se dire que c’est un réflexe de blogueuse… Je ne crois pas que ce soit le cas. J’ai rédigé de nombreux textes sans fil conducteur, pour partager un ressenti à tel instant devant mon clavier, ou pour rien d’ailleurs si ce n’est une “démangeaison” pour reprendre l’expression de Mai.

Quoi qu’il en soit, durant ces moments où je construis mon futur article de blog tout en vivant une situation, je ne saurais dire si c’est pour la mémoriser, ou pour me distancier d’un présent désagréable. Quand j’ai copié-collé mes archives (encore incomplètes), j’ai retrouvé cette phrase : « j’écris juste pour conserver quelques traces de ma semaine avant qu’elle ne s’estompe ». Il y en a eu plusieurs du même genre. C’est drôle quand on sait que je n’ai jamais fait de sauvegarde de ce blog. Ecrire pour mémoriser un vécu sans rien enregistrer… Et puis bon, j’ai toujours veillé à sauvegarder mes travaux d’étudiante puis de bibliothécaire, ce n’est pas comme si je n’étais pas consciente du risque de tout perdre. Il doit nécessairement y avoir une part d’acte manqué dans cette histoire.

Enfin, revenons à nos écrivaillons. Je sais que de nombreux écrivains écrivent ponctuellement. Chaque jour, de telle heure à telle heure, ils se mettent devant leurs machines et y restent, même si aucune inspiration ne survient. A l’opposé de l’image de l’artiste inspiré brusquement par sa muse, ce sont avant tout des travailleurs. Ils sont studieux, et j’aimerais essayer de les imiter, sans attendre d’avoir besoin de me poser devant mon clavier. Non pas que je me prenne pour Stephen King et encore moins pour Henri Miller. Je vais prendre rendez-vous avec l’écriture en partie par curiosité, en partie pour respirer, ou plutôt pour prendre l’air, comme à la récréation. Quant à ceux qui décideraient de me faire remarquer : « tu ferais mieux de passer ce moment là à chercher du boulot petite conne » (remarque que je me suis moi-même faite avec la franchise qui caractérise toujours mes dialogues avec moi-même), sachez que j’ambitionne de devenir écrivain public et donc de faire de l’écriture mon métier… ce qui rend la démarche assez cohérente finalement (me suis-je répondue). Quoi qu’il en soit, avec de la chance et de la persévérance, mes cadeaux de ménagère me permettront peut-être de m’échapper de cette image sociale pour m’en recréer une dans laquelle je puisse me retrouver, au moins un tout petit peu plus.

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