Archives mensuelles : février 2007

inventaire

* 1 soupir étouffé et la trace de mes dents sur un oreiller de fortune.
* 3 suçons dans mon cou : “je garde mon écharpe parce que j’ai très mal à la gorge”.
* 2 tâches d’encre sur les mains et 2 enveloppes enfin postées. J’hésitais à les remettre dans mon sac quand elles ont été avalées par la grosse boite jaune. J’ai eu très envie de la démonter pour les reprendre.
* 10 feuilles orange desséchées se balancent sous les giboulées : ce n’est pas encore le printemps.
* 1 corbeau se déplace avec des brindilles dans le bec : c’est presque le printemps.
* 1 drôle d’idée : enregistrer les cris sinistres des corbeaux et le son de la pluie dans mon baladeur.
* 4 invitations au cinéma : il faut faire la queue dans la file d’attente Monsieur, je ne peux pas être partout à la fois. Votre tour viendra peut-être la semaine suivante, ou alors jamais. Mais au fait avez-vous remarqué la présence de ce bijou symbolique autour de votre cou ?
* 1 hésitation en entendant mon téléphone sonner… Je l’ai regardé, je n’ai pas décroché.
* 1 envie d’hurler : dans le métro, écrasée par des anonymes inexpressifs pendant que 4 silhouettes noires passent sur le petit pont juste au dessus.
* 1 sensation de bien-être : dans la petite rue face à l’Opéra, l’air doux et humide, une fine ligne ensoleillée entre deux nuages épais, fouler le sol au son de Ziggy Stardust.
* 1 visiteur timide : erre entre les rayons avec une feuille à la main, “je peux vous aider ?”, “Euh.. non c’est pas la peine”. 25 minutes plus tard, en me tendant sa bibliographie de cours : “Euh finalement…” Il m’amuse parce que j’ai été pareille : je n’osais pas demander de l’aide à la documentaliste, et je n’avais jamais appris à me servir du logiciel à cause des gens qui s’impatientaient derrière moi, je ne voulais pas les faire attendre.
* 1 visiteur surpris : “oh mais c’est une bibliothèque !” “Hé oui ! elle est bien cachée, n’est-ce pas ? La porte des toilettes c’est juste à côté” “Comment vous savez que …” “J’ai l’habitude.”
* 1 paradoxe éternel et exaspérant, je le constate une fois de plus : tout ce que je désire viscéralement m’indiffère dés que je l’obtiens.
* 3 extraits de chansons dans ma tête au gré des circonstances :
“Peut-être oui, peut-être non, ça m’est égal de toute façon, à droite à gauche ça je ne sais pas, de haut en bas oui, pourquoi pas”
“Give me more than one caress Satisfy this hungriness Let the wind blow through your heart Oh wild is the wind”
“I may find you there and float on wherever the river may take me. Wherever the river may take me. Wherever the river may take us. Wherever it wants us to go.”
* 3 odeurs entêtantes : Narguilé fraise, encens, eau de toilette masculine
* 3 parties d’un corps, sa peau était : rugueuse sur les joues, très douce au creux des reins, en relief – cicatrice – sur le torse
* 1 mensonge : “tu peux avoir confiance en moi”
* 3 fois d’affilée cette vidéo :

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Où il est question de rafales, d’émotion cinématographiquement programmée, d’image-clé, du passé au présent, d’émofant, d’un livre horriblement touchant, de course sans raison ni chaussure, de satisfaction professionnelle, et de cette arnaque qu’est l’espoir, le tout en illustrations en couleur et en noir-blanc

Mes jours sont brefs et intenses, le vent chasse les nuages ; poussière, objets, sentiments virevoltent au gré du souffle, et je suis trop paresseuse pour les attrapper au vol. Je n’ai même pas envie d’essayer de “faire joli avec des mots”, comme il dit. Alors, une fois de plus : j’écris pour conserver quelques traces de ma semaine avant qu’elle ne s’estompe…

Samedi dernier, je suis allée voir La Môme uniquement pour passer la soirée avec eux. En sortant du cinéma, je me demandais pourquoi j’avais pleuré à la mort de Marcel alors que je me foutais complètement de l’existence de ce boxeur (de celle d’Edith Piaf aussi, d’ailleurs), j’ai toujours la larme trop facile. Ensuite, il y a eu le rire de Mimi devant mon frigo entrouvert, “quoi ?” “Rien, je suis juste émerveillée par ton nouveau mode de vie !”, un second rire de Mimi dans le salon et cette phrase répétée à trois reprises. Oui bon d’accord, c’est propre, c’est rangé, et je n’ai plus le frigo d’une anorexique, mais arrête de te moquer de mon passé. Le lendemain matin, un étrange sentiment de satisfaction m’a saisi devant les packs de bière éventrés et les cendriers remplis, parce que je n’avais plus fait de soirée à plusieurs chez moi depuis plus d’un an et que celle-ci était vraiment agréable. Mais quelque chose clochait, j’ai mis un petit moment à localiser l’anomalie : je n’avais pas mal à la tête. Par la même occasion, je me suis souvenue que je n’avais plus eu mal à la tête depuis plusieurs semaines. Pendant environ 390 jours, mon crâne était douloureux tous les dimanches matins, puisque j’avais passé les deux jours précédents à picoler avec Le Laxatif. J’avais oublié qu’il était possible de ne pas être malade après une soirée (l’ai-je un jour su d’ailleurs ?)…

Lundi soir, je fourrageais dans mes souvenirs. En fait, il me semble que ce n’est pas le bon terme… Je vérifie dans mon dictionnaire : “fouiller sans méthode en mettant du désordre”. Donc je n’avais pas besoin de fourrager : ils sont tous bien rangés, lisiblement étiquetés. Je menais une recherche dans ma mémoire par images-clés : une photographie de Muji = première rencontre, pâtes Carbo délicieuses, un dessin m’avait presque effrayée : elle avait révélé quelque chose de moi dont elle ignorait elle-même l’existence, et puis “j’avais peur qu’on sache pas quoi se dire mais ça va en fait on parle bien”, clips à la télé, nuit blanche, p’tit déj’ au McDo, c’était en hiver il y avait des illuminations dans les grands magasins, c’était bien… L. moi et Violaine sur un lit sous une affiche de Bauhaus = 2eme année de DEUG Philo, après un cours, dans l’appartement de L., Nadège prenait la photo, nous allions sans doute passer la soirée à boire du thé comme à chaque fois… A cette époque nos soirées consistaient en restos et en litres de thé, pourtant nous étions aussi incontrôlables et excitées qu’en état d’ivresse, sur la photo je regarde Violaine en souriant… Ce serait drôle de refaire une photo toutes les trois aujourd’hui, ce n’est pas impossible. Même si l’affiche de Bauhaus a été jetée depuis, même si l’appartement n’appartient plus à aucune d’entre nous, même s’il n’y aurait sans doute pas Nadège derrière l’appareil photo, même si nous avons tellement changé physiquement… J’aimerais bien en refaire une : toutes les trois sur un lit. Je suis presque certaine que je sourirais en regardant Violaine, exactement de la même manière…

amies de fac
[Mon Dieu, comme nous avons changé…]

Marie-A et moi sur un banc : en première ou en terminale, qui avait pris la photo ?, derrière sa maman a écrit “les inséparables”, elles ont été séparées pourtant. Je ne l’ai plus vue depuis 8 ans… Quelques jours auparavant, elle m’a envoyé un mail “j’ai une grande nouvelle… Oui, je vais me marier… Et je souhaite réunir tous les gens que j’aime… je pense au formidable quatuor des 4 gourdes… Cela serait super que l’on puisse se réunir pour cette occasion… Et j’aimerai vraiment de tout coeur que tu puisses être avec moi ce jour là…”
Ma première réaction à la lecture était un tantinet agressive peut-être : est-ce que toutes mes amies d’enfance se sont données le mot pour se marier et/ou avoir un enfant cette année ? Ensuite, j’ai revisualisé le groupe… Les 4 gourdes était le surnom que nous avaient donné les 4 pétasses. Marie-A, et “nos romans épistolaires” : ce cahier dans lequel nous écrivions chaque soir avant de nous l’échanger le lendemain matin. Une correspondance quotidienne intime, il m’en reste une quinzaine dans un tiroir : nos journées, nos amourettes secrètes, nos difficultés, nos joies, nos espoirs… La routine de deux lycéennes. Je les feuillette de temps en temps, amusée et nostalgique… Laëtitia et nos bêtises, je me souviens de ce cours de physique particulièrement long : “Elle a mal à la tête, je l’accompagne à l’infirmerie”. En fait nous étions parties dans le centre-ville de Rouen, faire les magasins, boire un café, fumer des cigarettes… A la fin du cours, nous étions revenues chercher nos sacs-à-dos restés dans la salle, penaudes, en fuyant le regard du prof, sans même lui donner d’explications. Laëtitia et sa nervosité, sa susceptibilité, son étrange personnalité. Elle allait souvent voir la pièce dans laquelle étaient placés les bébés prématurés. Elle m’y avait amené un jour. Je me rappelle de ces minuscules petits corps enfermés avec leur bracelet sur le bras. Elle aimait les regarder parce qu’ils l’attendrissaient. Pas moi. Je trouvais cette salle abominablement triste, cet alignement d’êtres tellement semblables, un morceau de tissu pour seule distinction, leur fragilité dans cet aquarium… Je préférais détourner les yeux et j’attendais qu’elle ait fini de s’extasier devant eux. Aux dernières nouvelles que j’ai eu d’elle, elle avait un petit garçon, sans père, parce que “les hommes sont tous des salauds”. Elle galérait au chomage dans un H.L.M. J’aimerais apprendre qu’elle va mieux. Ludivine est la plus floue des trois dans mes souvenirs. Sage et calme, je me rappelle des bougies qu’elle allumait dans les Eglises, de son amour des chats, et du fait qu’elle possédait déjà un “trousseau” pour son mariage…
Les revoir ne me déplairait pas, mais je pense aux “émofants” de Martin Page, ces anciens amis qui ne sont pas morts tout en étant devenus fantômes. Nous ne nous ressemblions pas toutes les quatre, nous n’avions pas les mêmes objectifs dans la vie. D’ailleurs, à cette époque, j’étais la seule à ne désirer ni mariage ni enfant. Quand vous rêviez d’une famille, je rêvais d’indépendance, de toutes les expériences qui m’attendraient quand j’aurais mon propre appartement loin de mes parents. Qu’aurions-nous à nous raconter aujourd’hui ? 8 années, il y en a des choses à dire, mais vous n’êtes pas les bonnes réceptrices pour tout ce que j’ai vécu pendant ce temps, et réciproquement… Et puis, Amiens c’est loin tu sais. C’est drôle d’ailleurs car pendant toutes mes années de lycée, je prenais justement le train en direction d’Amiens, tous les soirs, du lycée à la maison, mais je descendais toujours avant… En plus, ton mariage arrive pour mes 27 ans, ça risque de faire beaucoup d’années d’un seul coup. Je vais me sentir tellement vieille toute seule au milieu de ces couples et de ces enfants… Enfin, je serais censée te féliciter n’est-ce pas, c’est surement l’un des plus beaux jours de ta vie. Mais pour moi le mariage n’est pas un évènement heureux. Ce n’est qu’un symbole. Je ne le vois pas comme une preuve d’amour durable et tangible, pas plus qu’une robe blanche ne révèle la pureté de celle qui la porte, pas plus que les serments qui ne sont que des mots et non des actes irréversibles à mes yeux. Alors ce serait hypocrite, un peu, d’être avec toi ce jour là, ma seule présence pourrait salir ton engagement. Et pourtant je suis tentée d’accepter, pour voir… mais pour voir quoi ? Je n’arrive pas à le savoir. J’ai la quasi-certitude aussi que cette possibilité de voir je-ne-sais-quoi ne se représentera plus par la suite… Je me déciderai d’ici là, je ne sais pas ce que je ferais dans une semaine, alors t’imagines dans 6 mois…
C’est en gros ce que j’ai répondu et finalement je n’aurais peut-être pas dû, elle a pu se sentir blessée… Elle s’attendait probablement à lire “toutes mes félicitations, je suis vraiment très heureuse pour toi, et très touchée que tu m’invites, bien sûr j’essaierai de me libérer, ce serait génial de se revoir toutes les 4″. Mais tu as été ma meilleure amie, je ne suis pas habituée à te mentir.

Mardi, je suis restée rêveuse très longtemps, blottie dans mes coussins, après avoir refermé Le Châle de Cynthia Ozick. Pendant la deuxième Guerre mondiale, une jeune femme polonaise cache son bébé dans un châle pour le protéger des nazis ; le bébé finit jeté contre des barbelés par un SS ; des années plus tard la mère devenue folle reçoit un colis : le châle est à l’intérieur. C’est plus ou moins le résumé qui figure sur sur la couverture, mais ça ne résume pas du tout l’ensemble. En réalité, c’est un livre sur les traumatismes et la démence. Difficile à lire car écrit comme son héroïne pense, or elle n’est plus capable de penser. En Californie sous le soleil, elle est loin de la Pologne neigeuse et de la guerre maintenant, mais elle y vit toujours. A la réception de ce châle, elle écrit des lettres à ce bébé mort parce que sa petite fille est devenue une belle femme riche et intelligente, même si elle sait qu’elle n’a jamais vécu. C’est un livre pénible, déconstruit, douloureux, cruel. Ensuite, au téléphone, je parle pendant plus d’une heure à mon père, ce qui ne m’est jamais arrivé en 26 ans. De tout de rien, du boulot, du ciné, des amis, des livres, des disques… Un moulin à paroles, comme lorsque j’ai bu de l’alcool, sauf qu’il n’y avait qu’une tisane dans ma tasse. Il était très surpris mais content, je crois. Il me semble que ce livre était responsable de ce comportement inhabituel, mais je ne saurais expliquer pourquoi.

Mercredi, dans la rue, je plaquais ma jupe contre mes jambes en riant, je n’y voyais rien à cause des cheveux collés devant mes yeux, j’ai évité de justesse un poteau en faisant la course jusqu’au bar ; au début je perdais à cause de mes talons alors je les ai rapidement enlevé et j’ai gagné, mes pieds glacés sous les collants frappaient vigoureusement l’asphalte, je me sentais puissante, forte, libre. “Les gens te regardent bizarrement, ils te prennent pour une folle” donc j’ai crié aux gens d’aller se faire voir sur Saturne – pourquoi Saturne ? Aucune idée – la conclusion de tout ceci : le speed ne me réussit pas, ce n’est pas un scoop, et ça ne m’empêchera pas de recommencer…

Jeudi, Je suis allée rejoindre V., alors que j’étais décidée à refuser sa proposition.Quand il n’est pas en face de moi, je vois distinctement la multitude de pièges qui m’attend si je ne rebrousse pas chemin immédiatement. Surtout qu’au fond, il était mon idéal, mon fantasme, et il paraît qu’il ne faut jamais donner de réalité à ces trucs là. Mais merde, ça devrait être répréhensible d’avoir des yeux aussi bleu troublé, comme la ligne d’horizon au dessus de la mer ; d’avoir une voix aussi apaisante et émouvante à la fois avec cet accent slave qui ne surgit que lorsqu’il s’anime soudainement ; cette rougeur au coin des pommettes quand il me fait un compliment… En face de lui j’oublie le traquenard que je creuse moi-même. Et le “interdit” qui résonne dans ma tête a le même effet que tous les autres… Joyeusement, faussement inconsciente, je saute dans les emmerdes ses bras. Si vous connaissiez le contexte, vous aussi vous me diriez d’oublier ce garçon. Je ne vous écouterai pas, vous non plus. L’autre pédophile qui prétendait que les erreurs sont dues à l’ignorance, s’il m’avait connue il aurait bu sa cigüe encore plus volontiers. Je suis désespérante et je me réjouis de le savoir.

Vendredi, j’aime : entendre cette institutrice ravie s’écrier “vous êtes épatante, c’est exactement ce que je cherchais !”, cet étudiant s’exclamer “J’ai mon examen dans la poche, tu m’as donné mon partiel !”, commander des livres, les recevoir étincelants dans leur carton, penser à ceux qu’ils pourraient intéresser, ouvrir les vieux ouvrages jaunis à l’endre épaisse… Même cette vieille dame que j’aurais pu connaître quand j’étais caissière, semblable à toutes ces personnes âgées qui viennent uniquement pour parler à quelqu’un, oui même elle je l’aime bien… Ce qu’elle raconte ne présente aucun intérêt et elle le sait très bien, mais elle a peur du silence, comme tant d’autres… J’ai construit mon nid dans la poussière et les cartons, petit à petit l’air de rien je me suis appropriée cet espace, je m’y sens bien. Je ne sais toujours pas répondre à la question “et tu te vois y rester toute ta vie ?” parce que l’expression “toute ta vie” ne m’évoque rien, je ne peux conjuguer ma vie qu’au passé et au présent, je ne sais pas l’appréhender dans son intégralité. En tout cas, qu’ils me gardent ou non, j’ai bonne conscience : je suis une excellente bibliothécaire. De toute façon, j’ai toujours fait correctement mon travail : je pesais convenablement les fruits et les légumes, j’étais une bonne employée polyvalente, une visseuse de capuchons efficace, une serveuse consciencieuse, une caissière rapide et aimable, mais je préfère être une bonne bibliothécaire. Alors, CDI ou chomage, rien n’entravera ma volonté de continuer travailler parmi les livres… Quand je me rappelle de mes errances, mes angoisses et mes doutes passés, je me sens intensément soulagée d’avoir trouvé cette voie.

Indecise - Fanart
[ancien fanart de Oni où Une illustration parfaite de cette époque]

Le soir même, il m’interroge : “Tu as postulé à l’annonce que je t’ai envoyé ?” Pas encore… “Mais ça correspond à ton profil, en plus ils acceptent les débutants et c’est payé le salaire d’un agrégé !” Oui… Mais tu as vu le nombre de fois où ils ont casé les mots “dynamisme”, “énergie”, “responsabilité” et “travail en groupe” dans l’annonce ? Je ne suis ni dynamique, ni énergique, je déteste être responsable de quoi que ce soit, et je ne supporte pas les travaux en groupe. “ça s’apprend”. Pas si sûr, mon ancienne promotion pourrait témoigner de mon absence de progrès durant toute la formation… “Evidemment aucune entreprise ne donne un tel salaire pour un travail routinier”. En effet et je préfère travailler sans stress et être sous-payée, je crois que je te le répète depuis plusieurs années d’ailleurs : je n’ai aucune ambition. Je me fous du fric et des échelons à gravir. Du moment que j’ai de quoi payer mon loyer, acheter mes clopes et nourrir mon chat, ça me suffit…
Fin de mon contrat dans deux semaines : mamie prie sainte Rita pour moi, et moi je croise les doigts.

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