Archives mensuelles : mai 2005

cyclothymique

En vrac et plus ou moins chronologiquement, il y a eu…

Des rechutes, le temps de quelques heures, aussi intenses que brèves… Quand j’y repense, je revois des images couleur polaroïds, c’est-à-dire des clichés indistincts, éthérés et “pastellisées” : un trait sanglant qui s’étire au fond de la baignoire blanche, des cheveux noirs et violets dans le lavabo, de l’aquarelle dissociée sur mes joues, des inspirations nauséeuses, des tremblements inquiétants, des mots blessants qui brûlent ma langue, etc., etc.

Et puis, sans raison, naissent des élans d’optimismes irrationnels… Les projets se multiplient, chacun semblant être « la » solution tant recherchée, jusqu’à ce que le suivant apparaisse. “Qu’est-ce que tu veux faire en octobre ?” J’hésite… “Entre quoi et quoi ?” “Euh, t’as 3 heures devant toi ? Parce que j’hésite entre 12 possibilités en fait.” Pendant le dernier jour d’Ecole, j’ai ressenti un grand élan d’affection pour eux et j’ai pensé : “j’espère sincèrement que vous allez réussir après, j’espère que nous allons tous réussir”. Pendant un instant, grâce à un regard particulièrement affectueux, j’ai pris conscience de la chance que j’avais d’être sans cesse bercée, dorlotée, encouragée… Même si je ne réagis pas toujours bien, parce que cet instinct de protection que je suscite va à l’encontre de la Wonder Woman que j’aimerais tant incarner. Un jour je serais forte et invincible, comme dans mes rêves de petite fille.

Un Bisounours m’a porté sur son dos pour accéder à des grottes. J’ai bu un excellent mélange vodka framboise – jus de citron – sucre. J’ai été perturbée et impressionnée par le film “The funeral parade of roses”. Une bouteille de Zubrowska a été achetée à 7 heures du matin devant une caissière affligée. Sur le toit d’une maison, j’ai vu la preuve de l’existence des extraterrestres. Une gamine au visage grave et concentré est passé devant moi en transportant le cadavre d’un bébé sur le panier de son tricycle. J’ai encore en mémoire la beauté troublante de “Locataires”.

Ca fait un drôle d’effet de croiser des personnes perdues de vue parmi les candidats d’un concours, et plus encore de s’entendre demander : “qu’est-ce que tu deviens depuis 2 ans ?”. J’ai revu aussi les amis écartés pour cause de malentendus / quiproquos. Je me suis aperçue que, la plupart du temps, cet éloignement n’avait presque rien changé finalement. Il ne se ressent que dans le débit rapide des mots comme pour rattraper le retard, dans la façon de se couper la parole involontairement, juste parce qu’il y a tant à dire depuis tout ce temps…

Deux petits cachets tous ronds, M majuscule sur l’un (mitsubishi, comme à la bonne vieille époque), une main sur l’autre, deux traces poudreuses colorées aussi – ils sortent toutes les cinq minutes pour acheter des packs de Kro – mais comment s’appellent ces gens déjà ? – tiens, je me suis écroulé sur le trottoir – Caro me porte / Caro me gère / Caro me guide – je danse sur une vieille chanson de Renaud dans les bras de quelqu’un – j’écarte le garçon qui m’embrasse – C’est curieux, depuis quelques temps, il y a toujours un garçon qui décide de m’embrasser mais je ne m’en rends compte que lorsque sa bouche est posée sur la mienne. La musique a changé, elle m’agace maintenant – Elan d’amour envers l’humanité – élan de haine – envie d’être seule – fatiguée de parler – lassée d’être là – la chimie ne prend pas vraiment – plus comme avant – ça vient peut-être de moi, ou des gens, ou de l’ambiance, ou…

“Alors, ça t’a fait quoi d’en prendre après un an d’abstinence ?” C’était bien quand même, mais décevant finalement, il me fallait ça pour réaliser que je ne vivais pas si mal sans, je suppose. Et en fait je réalise que c’est pour ça que j’avais arrêté, parce que je savais déjà tout ce qui allait se passer, j’aime autant les expériences nouvelles que je déteste les rituels. Avant je croyais que cette drogue faisait ressortir le meilleur de ma personnalité, le côté euphorique – sociable – etc. et maintenant je sais que ce n’est qu’un aveuglement…

Passé et présent qui s’entrechoquent, avenir toujours aussi flou, l’ensemble me laisse confuse. Revenir dans une ville et s’apercevoir que je déteste y vivre exactement comme lorsque j’en étais partie. Entrer dans le magasin qui m’employait et voir les mêmes caissières assises aux mêmes postes qu’à l’époque où j’y travaillais. La bande d’amis que je fréquentais est déchirée par les disputes. Il y a ceux qui n’ont absolument pas changés et ceux qui se sont métamorphosés, et moi et moi et moi… : je ne sais plus où me placer. Et puis tous ces mois pèsent encore sur moi. Je m’élancerais volontiers pour gravir des montagnes si je n’étais pas certaine de m’écrouler au premier dos d’âne. Je voudrais savourer cet avant-goût de vacances avec intensité, mais je suis encore toute emberlificotée dans ce qui précède. Cependant je suis confiante, ça viendra, comme toujours. Ne rien brusquer – ne pas avaler trop vite / réfreiner l’avidité – laisser cicatriser – ne pas détacher le regard des hauteurs – … pas à pas…

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au pluriel

*Je ne suis pas coiffeuse. Je ne dois plus jamais tenter de me couper les cheveux moi-même, surtout le soir, dans la pénombre, avec un ciseau qui ne coupe pas.

*Les membres de Bloc Party sont très bavards et ils n’aiment pas Oasis, et puis ils sont très bien sur scène aussi.

*Je suis de plus en plus dépendante à la série “Dead like me” (merci à Lady Muji qui m’a donné l’intégrale de la première saison)

*J’aurais droit à dix jours de congés payés en août, pendant mon stage, et je pourrais donc aller au Festival de Benicassim.

*J’aime les gaufres Nutella – chantilly de la rue Mercière

*Mélanger pinot, vin rouge, vin blanc, bière, et soho, c’est redoutable.

*Il a dit : “c’est la première fois que je te vois aussi heureuse depuis le début de l’année”.

* J’ai vécu mon dernier jour de cours aujourd’hui.

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