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Folles fredaines à Froidcul *

Le lundi 14 février 2011, en milieu d’après-midi, je suis sortie de mon appartement des Tables Claudiennes et j’ai descendu un escalier et demi. J’ai acheté, dans l’ordre, un pack de bières, trois paquets de cigarettes mentholées et un test de grossesse. L’épicier m’a souhaité une bonne journée, le patron du Tabac m’a fait un signe de tête et la pharmacienne m’a proposé : « je vous donne le test où le nombre de semaines de grossesse est indiqué ? » J’ai répondu, refermé les portes quand ce n’était pas automatique, acquiescé, monté un escalier et demi et tergiversé.

Après avoir fait quelques recherches inutiles sur Google, comme « alcool enceinte risques », « tabac grossesse risques », « amphétamines grossesse » (non, ça c’était terminé au moins) et lu des témoignages terrifiants, je me suis dirigée vers la salle de bains. Quelques minutes plus tard, j’ai pensé que j’avais l’air drôlement malin avec mes binouzes dans le frigo et mon poison plein de goudrons sur la table basse. Peut-on parler de déni ? Peut-être pas, ou pas vraiment, plutôt d’envie de retarder ce qui ressemblait à un risque naturel majeur, du genre séisme ou ouragan.

Et puis bon, que la vie naisse dans mon corps maltraité depuis des années, qu’une paumée comme moi puisse être une maman, ce n’était quand même pas évident à croire. En plus, la seule année où je n’ai jamais été nauséeuse, où je me suis sentie physiquement très bien (physiquement seulement), c’était durant cette grossesse irréelle. À 17h13, assise sur le canapé rouge, j’ai composé un bref mail pour mon amoureux : « le test électronique indique que je suis enceinte de 3 semaines ». À 17h25, il m’a répondu « Bon, je rentre à la maison maintenant. »

C’était un 14 février, mais emballer un objet en plastique parfumé à l’urine dans un paquet cadeau, ce n’est pas vraiment ma vision du romantisme. D’ailleurs, je crois que j’ai cessé d’être romantique quand est née mon âme d’adolescente (la seule à avoir été conservée à ce jour). Depuis dix ans ce mois-ci, mon amoureux et moi, ne célébrons que l’anniversaire de notre seconde relation amoureuse, celle qui dure encore. La date de notre première rencontre, nous y pensons et la mentionnons avant de changer de sujet. Ce sont des moments à ne pas oublier mais à ne pas mettre en lumière non plus. D’ailleurs, longtemps, l’équilibre entre clair et obscur a été difficile à trouver.

Deerhoof Grrrnd ZeroC’était dans la salle de ce concert, le 20 avril 2007, sans doute après 20 heures.

Revenons à l’enfant. L’anniversaire du jour où j’ai su que mon ventre était habité, je ne tiens pas à le fêter, mais j’y pense chaque année. C’était encore le cas le 14 février 2017. Mais étrangement, c’est ce jour-là que j’ai décrété : finalement non. Peut-être dans 6 mois, peut-être jamais, mais pas maintenant, pas à nouveau. Mieux vaut laisser la place aux parents qui souhaitent à tout prix se reproduire, ou qui trouvent que ça passe tellement vite les nuits interrompues, les couches qui débordent, les régurgitations, les cris et les bavardages monosyllabiques.

Et puis, qu’écrivais-je déjà ? Ah oui, que j’aimerais faire cette expérience sans le contexte déménagement/licenciement. Alors certes, l’appartement est grand donc cette fois-ci, nous pouvons y vivre réellement. Il n’empêche que la buanderie et la chaufferie sont toujours remplies de cartons encore scotchés. Qu’avoir un enfant signifierait faire des travaux pour aménager une chambre là où nous avions prévu de mettre un bar et un espace cinéma. Quant à la crainte de perdre mon travail si je materne de nouveau, elle est toujours aussi vive.

Je ne peux pas me baser sur le temps que je passe à faire des rédactions imposées ou sur mon salaire pour juger de mes qualités professionnelles. L’époque actuelle m’a suffisamment enseigné que la valeur professionnelle d’un individu est indépendante de son assiduité ou de sa rémunération. Je sais, en revanche, que mes clients sont contents, m’augmentent quand ils en ont la possibilité et me recommandent autour d’eux, ce qui me laisse à penser que je suis un minimum compétente.

Mais, dans mon domaine d’activités, la concurrence est énorme. Si je prends un congé maternité, mes clients auront cessé de m’attendre à mon retour. Mon expérience passée justifie amplement mon absence d’illusions. De toute façon, avouons-le, si j’avais le temps de me consacrer à autre chose qu’à nous trois et à mon job, je choisirais d’écrire des textes libres (non imposés), d’écouter davantage de disques voire de voyager.

Tant pis si bientôt, je n’aurais plus ce luxe de pouvoir choisir d’avoir un autre enfant. Pardon pour la belle rencontre manquée, petite fille dont j’ai si longtemps rêvé. Comme dit sans cesse mon mâtru, du haut de ses 5 printemps : « eh oui, c’est comme ça, c’est la vie ».

À cause de la vie aussi, ou plutôt pour des raisons sans intérêt, j’ai fait une échographie début avril, mais abdominale cette année. J’étais assez anxieuse, à l’idée de montrer mon foie, pour arrêter l’alcool durant les 22 jours qui précédaient. Je n’avais plus fait de pause aussi longue depuis février 2010 et le test de grossesse positif. Je redoutais de voir quelque chose qui soit comme ça :

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Bien sûr je n’ai vu qu’une tâche grise légèrement bleutée.
Environ 10 minutes plus tard, le monsieur à la blouse blanche m’a dit que mon foie, mes reins, ma rate et mes ovaires étaient de taille normale et en parfait état de fonctionnement. Merci papa maman pour vos gènes, le lait en poudre dans le biberon et l’enfance passée dans l’ombre du paludisme et de la lèpre, ça semble m’avoir fortifiée !

Plus sérieusement, cette expérience de sobriété était assez intéressante. J’ai pu en tirer plusieurs constatations : malgré mes excès d’alcool, je n’ai aucun symptôme de manque (ni physique ni psychologique) lorsque j’arrête d’en boire ; ma boisson préférée reste le jus de tomate (avec quelques gouttes de jus de citron, tabasco et Worcestershire Sauce ainsi qu’une pincée de sel de céleri) ; et je cours plus vite et plus longtemps quand je bois de l’eau la veille. Néanmoins, la côte de Fin Gras du Mézenc est moins bonne sans vin rouge, et la dernière saison de Walking Dead est affligeante quand on ne la fait pas passer avec quelques bières.

À part ça, ce mois-ci, j’ai écouté un peu de musique et testé la plateforme Monolist, que j’étais peut-être la seule à ne pas connaître. Mon problème, avec Spotify (entre autres), c’est que je ne trouve pas la majeure partie des morceaux que je recherche. Par exemple, ce mois-ci j’ai découvert l’existence des Îles Cook grâce à un album sorti localement en 1981, ce que je trouve assez magique :

J’ai testé d’autres sites du même genre mais la plupart d’entre eux ne font des recherches que dans les catalogues de Spotify, Youtube et Soundcloud. Avec Monolist, on peut mettre directement le lien de n’importe quelle plateforme de streaming et c’est gratuit. En revanche, il n’est pas possible d’exporter le lecteur audio. Bref, au cas où, sait-on jamais si ça vous dit de l’écouter ou de me rejoindre là-bas de temps en temps, elle est ici.

Elle s’intitule ainsi car juste avant de la créer, dans la rue, j’ai senti l’odeur de l’herbe fraîchement coupée pour la première fois de l’année. C’était aussi doux et agréable qu’une promesse. D’ailleurs, sur les bancs, les premiers adolescents enlacés apparaissaient avec le printemps.

*Le titre de cet article s’explique simplement ainsi.

Screenshot 2017-04-13 at 16.11.27(Je suis tout de même très déçue qu’il n’y ait pas de gentilé pour les habitants de Froidcul.)

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« c’est dur hein ? C’est le premier ? Malheureusement ça se finit souvent comme ça quand c’est le premier, mais c’est dur, oui »

Le 19 avril 2011, en début d’après-midi, j’ai utilisé mon téléphone portable. La conversation a duré moins de cinq minutes. Quatre phrases ont été prononcées, puis j’ai raccroché. J’ai envoyé un mail rapide à mon amoureux pour lui expliquer la situation avant d’éteindre l’ordinateur de la bibliothèque. J’ai fermé la lourde porte à clé et je suis allée voir la réceptionniste. Elle m’a demandé machinalement : “je peux t’aider ?” Habituellement, je venais prendre le courrier, ou lui donner un livre à transmettre à un lecteur abonné fidèle qui n’était pas disponible pendant les horaires d’ouvertures de la bibliothèque. Ce jour là, j’ai annoncé : “j’ai besoin d’un taxi, je sais que l’entreprise est associée à plusieurs taxis et que tu as donc le numéro du taxi disponible le plus proche qui pourra m’amener très rapidement où je le souhaite…” “Pas de problème, où tu veux aller ?” s’est-elle enquis avec l’air enjoué et la voix suave associés à sa fonction. J’ai répondu sur le même ton : “aux urgences de la maternité Croix Rousse”. Elle a fait une drôle de tête pendant quelques secondes, le temps de retrouver son masque courtois, tout en balbutiant : “tu… tu… tu… tu veux t’asseoir ?” “Non”, ai-je affirmé, “ça va, je veux juste un taxi”. J’essayais d’avoir l’air indifférent.

Dehors, à travers la porte vitrée fermée, certains de mes collègues qui prenaient une pause clope au soleil m’ont adressée un sourire auquel j’ai répondu vaillamment. Pendant ce temps, la réceptionniste a passé le coup de fil désiré et m’a annoncée : “un taxi arrive”. “Merci, je vais l’attendre dehors, bonne journée”. En me dirigeant vers la sortie, je savais que je venais de m’adresser à l’employée la plus pipelette du lieu. Dés que j’aurais franchis la porte, elle se jetterait vers mes collègues à l’extérieur pour leur révéler : “hé, la bibliothécaire enceinte a demandé un taxi pour les urgences de la maternité ! Vous croyez que c’est grave ?” Mais peu m’importait ou presque. D’une part, ce mystère les occuperait en ce jour printanier où l’établissement était désert. D’autre part, c’était en partie ce que j’attendais d’elle puisque je n’avais pas réussi à joindre mes supérieurs pour les avertir de mon absence.

Je me suis assise sur une large pierre en guettant la route. Il faisait vraiment très beau, le printemps resplendissait. D’autres y auraient peut-être vu un présage favorable… je m’efforçais de ne rien y voir du tout, de ne penser à rien. Il paraît qu’il est impossible de ne penser à rien. Je crois que j’y arrive pourtant, en me berçant de chansons que je connais par cœur, ou en me concentrant sur un point précis (le petit point noir sur le goudron, la tache jaune sur la feuille…) dans lequel je m’absorbe jusqu’à ce que tout devienne flou autour et en dedans.

En dépit de mes tentatives d’évasion psychologique, j’ai vu arriver le véhicule de loin, c’était la seule voiture sur cette route. Je me suis dirigée vers elle à petits pas, j’ai dû fermer la portière deux fois, mon premier geste ayant été trop timide. Je craignais de tomber sur un chauffeur bavard mais il s’est contenté d’écouter la radio “Rires et chansons”… sauf qu’à cet instant, résonnait le sketch de Patrick Timsit à propos de sa femme enceinte. J’ai supposé que la coïncidence me ferait sourire un jour, j’en doutais malgré tout. Pendant le trajet, je faisais des efforts pour observer les quais et les ponts comme s’ils m’étaient inconnus… mais je faisais ce chemin à pied depuis tant d’années… impossible de faire taire complètement ma conscience. (“Tu es toute pourrie de l’intérieur, avec tout ce que tu as fait par le passé, tu t’imagines sérieusement qu’une vie peut naître là dedans ?” Chut ! “Si ça se termine mal, tu l’auras bien cherché, tout ce temps à mépriser ton corps !” Chut chut ! “Non mais il ne suffit pas d’arrêter de fumer et de boire de l’alcool pendant deux mois pour effacer toutes les traces de tes conneries ma cocotte !” Chut chut chuuut !) La ville paraissait infinie et je ne saurais pas donner la durée du trajet, le temps du sketch ? Où y avait-il autre chose à la radio ensuite ? En tout cas, à un moment où a un autre, je me suis introduite dans le bâtiment en béton, trop massif et rectangulaire pour être rassurant.

Il y avait une longue file d’attente, toutes les places assises étaient occupées. Je tirais maladroitement sur ma robe rouge comme si j’espérais dissimuler le problème ainsi (rouge sur rouge rien ne bouge rouge sur rouge, ça se verra moins). Ma situation était inconfortable, mais rien ne me permettait d’affirmer qu’elle l’était plus ou moins que mon voisin, alors j’ai pris un ticket… Soudain, une jolie jeune femme au ventre très rond a regardé mes jambes d’un air horrifié. J’ai suivi son regard et j’ai vu les filets de sang qui se répandaient à la lisière de mes Docs Martens. J’ai prononcé la phrase que j’avais l’intention de dire au bureau des urgences : “je suis enceinte de trois mois et je saigne abondamment, c’est pour ça que je suis venue”. Elle s’est écriée : “passez devant, allez à ce guichet là !” en pointant le coin gauche de la salle. J’ai obéi, peut-être ai-je oublié de la remercier, je ne sais plus. Je me suis présentée de la même manière une minute plus tard. Mon interlocutrice m’a immédiatement posée sur un fauteuil roulant (surgi de nulle part ?), à la fois très rapidement et très précautionneusement. Dans la foulée, une deuxième personne en blouse blanche a pris le relais et m’a fait rouler dans un couloir jusqu’à une petite salle entrouverte. “Il va s’occuper de vous très vite”, m’a-t-elle expliqué sans me préciser qui était “il” (ce n’était sans doute pas nécessaire d’ailleurs). Ensuite elle m’a jeté un regard horriblement compatissant, tellement larmoyant de pitié que mes sanglots retenus se sont échappés en hoquets contenus assez pathétiques. C’est à cet instant là qu’elle a gravé une phrase dans ma mémoire : “c’est dur hein ? C’est le premier ? Malheureusement ça se finit souvent comme ça quand c’est le premier, mais c’est dur, oui” en posant sa main sur mon épaule. Cette fois c’était trop, je n’ai pas hoqueté, je n’ai pas sangloté, j’ai simplement perdu tout contrôle sur mes nerfs.

Bien sûr que cette pensée m’était venue à l’esprit : je savais que les saignements étaient un symptôme de fausse couche en particulier pour un premier enfant. Néanmoins, j’avais essayé de repousser cette hypothèse en me répétant : pour l’instant tu n’en sais rien, personne n’a fait ce diagnostic, personne ne t’a annoncé quoi que ce soit, alors tu te calmes et tu attends le verdict. J’en avais fait des efforts pour m’accrocher à ce raisonnement, alors quelque part, je t’en veux toujours madame. Tu as simplement voulu être bienveillante, réconfortante, mais toi non plus te ne savais pas. A cause de toi, quelques minutes plus tard, quand le docteur s’est exclamé : “il va très bien ce bébé, qu’est-ce qu’il remue !”, je n’ai pas été soulagée ou si peu. Je me suis souvenue de toi durant les trois mois suivants passés allongée dans mon lit, et ce malgré les propos rassurants de mon médecin (“un décollement ovulaire c’est très fréquent et avec un repos complet, ça se résorbe sans complications”). Tu avais l’air tellement certaine qu’il n’y avait aucun espoir, le deuil se lisait si grossièrement sur ton visage… Cela dit, madame la sage-femme maladroite, je te dois une prise de conscience : tu es responsable du jour où ce bébé est devenu important

Non, je n’avais pas décidé d’avoir un enfant comme on envisage de se commander une pizza, mais ce bébé n’était pas indispensable. Comment l’expliquer… Je ne me suis jamais inscrite sur le moindre forum, en revanche j’en ai parcouru certains, notamment ces pages hideuses rose layette, pleines de smileys sautillants, de petits cœurs clignotants et de chérubins grotesques. J’y ai souvent lu : “nous essayons depuis longtemps d’avoir un bébé, je n’y croyais plus, maintenant j’ai tellement peur de le perdre”. Une jeune femme que je rencontrerai pendant les cours de naissance aura exactement le même discours. Nous, mon amoureux et moi, nous n’avons pas “essayé” d’avoir un bébé, nous avons simplement accepté cette possibilité. Que celle-ci devienne réalité un mois, six mois, ou deux ans après notre décision commune, cela nous était égal. Nous n’étions pas pressés, nous avions uniquement l’impression d’être relativement prêts.

Le jour où un test acheté en pharmacie m’a informée de ma grossesse (où comment un 14 février a pris un sens particulier pour nous qui n’avons jamais fêté la St-Valentin), je n’ai pas été euphorique, j’étais… partiellement excitée et vraiment très inquiète. Assez vite, j’ai visualisé le risque de fausse couche, surtout en sachant que ce bébé avait été immergé dans l’alcool et le tabac durant ses premiers jours. Je la craignais vis à vis d’autrui, je redoutais de devoir l’annoncer. Cependant, au risque de paraître inhumaine, je n’avais pas l’impression que cette perte me traumatiserait pour autant. Ce “petit truc” n’était pas tangible dans mon ventre plat, je ne percevais pas sa présence. D’accord, il provoquait des évanouissements en série, mais enfin ni plus ni moins que durant la période où j’ai été gravement anémique. Je n’étais pas émue face aux premières échographies car ce que je voyais me paraissait dissocié de moi. Les taches noires sur l’image me laissaient perplexe, et le “bruit du cœur” assourdi dans cette machine m’évoquait d’avantage une boite à rythme qu’un être vivant. C’est seulement à compter de ce jour d’avril 2011, dans le couloir des Urgences, que ce bébé est devenu “réel”, important, nécessaire.

Oh certainement, c’était déjà le cas dans le taxi tandis que je fixais ma ville préférée en tachant de bloquer le fil de mes pensées, dans mon bureau lorsque j’ai raccroché mon téléphone en tremblant après avoir entendu cet ordre angoissant : “allez aux Urgences immédiatement, sans perdre une minute !”, et sans doute avant en définitive. D’ailleurs mon amoureux était au bord des larmes lorsqu’il m’a rejointe chez moi depuis son lieu de travail à Saint-Étienne, immédiatement après avoir eu mon message (”j’ai cru que tout était terminé” a-t-il murmuré). Néanmoins, madame la sage femme maladroite, en énonçant ce que je me refusais à affronter, tu as mis en lumière mon attachement à ce bébé d’une manière abrupte mais intense et j’imagine que ce n’était pas négatif dans le fond. Je suppose aussi qu’à ta manière, tu m’as donné un premier aperçu de l’inquiétude maternelle, celle qui me tient encore éveillée certaines nuits, quasiment un an après la naissance de mon fils.

Sue Ann Harkey – garret intregues (the ancient past and the ancient future are both seconds away)

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