Archives pour la catégorie Questionnaires

Un questionnaire de plus…

… Parce que j’ai été désignée par anakin.

Quelle est la toute première image qui se présente à vous quand on vous parle de votre enfance ?

Je ne vois pas de “première image”. Quand on me parle de mon enfance, je vois de nombreuses images entremêlées, une sorte de montage comprenant plusieurs photographies : l’arbre dans lequel je grimpais, les jeux de billes et d’élastique avec mes trois voisines, ma chambre (ses rideaux, le tableau au dessus de mon lit, la couleur du petit bureau), la cour de l’école par la fenêtre tandis que je baille dans la classe, les lignes de lettres tremblotantes sur le papier quadrillé, le verre de chocolat froid tendu par ma mère au petit matin, les vautours perchés sur de grandes poubelles noires, les acrobaties sur le trapèze et les anneaux dans le jardin… Je pourrais écrire des pages et des pages d’images associées au mot “enfance”.

La mort frappe à la porte. Que choisissez-vous d’emporter dans l’autre monde ?

Je ne pense pas que la mort prenne la peine de frapper à ma porte (et puis quoi encore ? Me taper sur l’épaule et m’offrir un verre tant qu’on y est ?) Par ailleurs, je ne vois pas ce que je peux emporter dans un monde que je ne conçois même pas. Si la mort frappait à ma porte, j’aurais surtout envie de lui mettre mon poing dans la gueule en lui demandant d’aller voir ailleurs si j’y suis.

Livres que vous avez toujours désiré lire, sans avoir jamais trouvé le temps de le faire ?

Je lis les livres que je désire lire. Je me suis déjà dit “un jour il faudra que je lise ce livre”, mais c’est une façon de dire : je m’y mettrai quand je n’aurais rien de mieux sous la main, donc je ne “désire” pas réellement le lire. Dans cette catégorie, je peux placer “Belle du Seigneur” par exemple. De nombreuses personnes m’ont affirmé qu’il s’agissait d’un chef-d’œuvre mais il ne m’attire pas, j’ignore pourquoi.

Vous croisez George Clooney dans l’ascenseur. “Quel genre de femme êtes-vous”, vous demande-t-il.

Georges Clooney m’est relativement sympathique, mais lui ou Monsieur N’importe Qui… La question me paraîtrait idiote quoi qu’il en soit. J’imagine que je lui répondrais “et vous, quelle genre de femme êtes-vous ?” car ce serait tout aussi idiot mais un peu plus amusant.

Si vous en aviez eu le choix, auriez-vous préféré être un roi ou une reine ?

Si j’en crois mon père, je suis la Reine des connes depuis très longtemps. Ni l’un ni l’autre. Je déteste commander et le pouvoir m’effraie. Je ne veux pas être au sommet, je l’ai déjà écrit.

Préférez-vous nager dans une rivière ou dans la mer ?

J’aime nager en général, mais à choisir je préfère la mer. Calme, pour se laisser dériver sur le dos ; agitée, pour se sentir bercée ; violente, pour sauter au dessus des vagues.

Que devrions-nous faire en priorité pour la planète ?

Houlala. Comment répondre sans aligner des principes auxquels tout le monde adhère mais que personne ne suit ? N’est-il pas trop tard de toute façon ?

Et qu’aimeriez-vous que l’humanité fasse pour vous ?

Je fais partie de l’humanité. Je n’espère pas grand chose de moi, alors je n’en attends pas plus d’elle.

Votre petit-déjeuner habituel ?

En semaine : 1 à 2 cafés au lait (2 petites cuillères de Nescafé + du lait + 1 sucre et demi, le tout au micro-onde pendant 2 minutes) et un jus d’orange. Le week-end, ça dépend de mes envies : tartines de confiture ou Nutella, œufs au bacon, œuf à la coque, charcuterie, ou même un cassoulet… De toute façon je peux avaler n’importe quoi le matin sans me sentir écœurée.

Aimez-vous écrire la nuit ?

Oui… Enfin, la nuit, le jour, peu importe. Si j’ai envie d’écrire, je sais me concentrer au point d’oublier totalement ce qui m’entoure. Ceci dit, c’est souvent en me réveillant que j’aime écrire, à la fin de la nuit ou à l’aube, lorsque je ne me sens pas encore toute à fait réelle.

La dernière fois que vous étiez ivre ?

Samedi soir, ce qui n’a rien d’original. Je n’ai pas été malade, pas même le lendemain matin. J’étais simplement euphorique et d’humeur à bavarder avec toutes les personnes croisées dans la rue… L’ivresse telle que je l’aime.

Pensez-vous que de grandes œuvres comme “Hamlet” ou “Don Quichotte” sont encore à venir ?

Chaque œuvre est unique, liée à son auteur et à l’époque dans laquelle il vit. Il n’y aura pas d’autre “Hamlet” ni d’autre “Don Quichotte”, mais il y aura d’autres “grandes œuvres”.

Le plus gros mensonge de votre vie ?

Je crois que les phrases dans lesquelles j’ai placé le mot “toujours” ou le mot “jamais” étaient très mensongères (mais la plupart du temps je n’en étais pas consciente en les prononçant).

Que transportez-vous dans vos poches ?

Un briquet, 1 paquet de Pall Mall Menthol, la clé de la bibliothèque, mon baladeur MP3, ma carte TCL (Transports en Commun Lyonnais) et quelques déchets (mégots, tickets de caisse…)

Un désir en particulier ?

immédiatement : être ailleurs (chez moi avec un thé vert, des cigarettes, une page blanche à remplir, et de la musique).

Que diriez-vous d’un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours ?

Je préfèrerais discuter avec Dostoïevski tandis qu’il fait bouillir l’eau du thé dans le samovar, ou qu’il me sert une bonne vodka russe. Mais enfin, je ne vais quand même pas refuser un barbecue avec Flaubert…

Paysage préféré ?

Les paysages celtiques, la ville vue d’un toit, et beaucoup d’autres sans doute. Le mot “paysage” suffit presque à m’apaiser parce qu’il m’évoque l’étendue, l’immensité.

Période de la journée que nous n’aimez pas ?

Entre 14 et 16 h environ. Au travail, c’est le moment où je digère en luttant pour garder les yeux ouverts. En général, durant cette période de la journée, le temps semble se suspendre et le corps se ramollir. Je la déteste tout particulièrement l’été quand la chaleur amplifie ma somnolence.

Dernier mot que vous aimeriez prononcer avant de mourir (mieux vaut prévoir la chose pour le cas où rien de bon ne viendrait à l’esprit le moment venu) ?

Peu importe, ce mot n’entrera pas dans la postérité. En tout cas, j’espère que je serais assez satisfaite de ma vie pour penser quelque chose comme : “c’était bien malgré tout”.

Un boulot que vous n’auriez jamais pu faire ?

Je n’aurais sans doute pas pu être patron d’entreprise, ou DRH, parce que je n’aime pas dominer autrui, ni avoir de lourdes responsabilités. (J’en cite un parmi beaucoup d’autres)

Citation préférée que vous pourriez vous faire tatouer sur le bras ?

J’ai beau aimer les tatouages et avoir des cahiers remplis de mes citations favorites, il n’y en a aucune que je souhaite me faire tatouer sur le bras. Si j’étais contrainte et forcée de le faire, je suppose que je prendrais la célèbre phrase de Nietzsche “Sans musique la vie serait une erreur”, ou simplement (comme par hasard) “Play me a song to set me free”.

Quand il se met à pleuvoir, vous continuez de marcher au risque d’être trempé, ou vous vous abritez au risque de manquer votre rendez-vous ?

Je marche très vite en baissant la tête, penchée sur le trottoir (et puis en ville les trottoirs deviennent jolis sous la pluie, en particulier quand il fait nuit).

Si vous aviez la possibilité de voyager dans le passé, quel siècle aimeriez-vous visiter ?

un siècle que je ne connais pas trop, ou dont il reste peu de témoignages, afin d’avoir tout à découvrir… Le XIIIe siècle avant J.-C. par exemple.

Vous arrive-t-il de manger du pop-corn au cinéma ?

Petite, c’était un rituel que je réclamais, mais plus maintenant. En revanche, j’aime bien passer un dimanche après-midi affalée dans le canapé, avec du pop-corn et de la bière, devant une vieille saison de Buffy, tout en bavardant avec mon amoureux (c’est l’intérêt de ce genre de série).

Décrivez l’endroit où vous écrivez.

D’habitude, je suis assise sur un canapé rouge, les jambes étendues sur une petite table en verre, l’ordinateur portable sur les genoux, face à une cheminée et à proximité de Polly Jean (ma plante verte). Présentement, j’écris pendant ma pause, à la bibliothèque. Donc je suis assise à côté d’un vase d’où surnagent des fleurs fanées, devant un bureau entouré d’étagères couvertes de livres et si mes yeux étaient situés sur ma nuque, je pourrais contempler les rosiers derrière moi.

Enfin, pour une fois, je désigne à mon tour quelques personnes (uniquement s’ils veulent participer) : Mick Kelly (parce que je suis bien élevée : il m’a transmis tant de questionnaires que je lui en dois bien un), Candy (parce que je me demande ce qu’elle répondrait) et Ménille Avénale (pour la pousser à écrire une nouvelle note). Évidemment, ceux qui le souhaitent peuvent se servir aussi.

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Le questionnaire avec des chiffres dedans

Il y a 10 ans : J’ai 18 ans, des cheveux noirs très courts, 6 kilos de plus, quelques cernes de moins. Je ne mets que des jeans et des pulls informes pour ne pas être remarquée. Je rêve de m’intégrer aux murs afin de tout entendre, tout voir, sans que personne ne me distingue. Je viens d’arriver à Aix en Provence et de m’inscrire en DEUG de philo. J’ai mon premier appartement (15m2, 6m2 en enlevant les meubles) au septième étage d’une résidence universitaire ; j’envisage régulièrement de sauter par la fenêtre. Dans cette ville, je n’ai pas encore d’amis, ni d’ennemis, ni d’amour, ni d’amant, je m’ennuie, mais je découvre Dostoïevski avec ravissement. J’écris mes derniers poèmes, sauf que je ne le sais pas encore. Je commence à pleurer plusieurs fois par jour, par nuit aussi, sans comprendre pourquoi. Tous les soirs je me répète que demain est un autre jour (en fait demain n’est durablement – sans rechute aux jours d’avant – arrivé que six ans plus tard). J’écoute en boucle “Empty” des Cranberries, “Si rien ne bouge” de Noir Désir, “Bachelorette” de Björk, “Stephanie Says” du Velvet Underground, “Charlotte Sometimes” des Cure, “Me and a Gun” de Tori Amos, et énormément d’albums des Cocteau Twins (entre autres). Je ne fume que très rarement, mais je mange une tablette de Crunch par jour au minimum. Je bois du thé et du Coca Light, je déteste l’alcool. Il y a 10 ans j’étais très différente et très malheureuse.

5 endroits où j’ai vécu : – Ouagadougou : baobab, mangues à volonté, charognards, couvre-feu, assassinat du Président, mendiants, lépreux, sourires resplendissants des Africains, ronronnements des climatiseurs, brousse – hyènes – éléphant – crocodile faisant le mort, visages de mes copines et voisines… Il ne me restes que des flashs, des images brèves et fixes, mais un jour j’y retournerai.

- Mauquenchy : la campagne normande, 1 jument des poules des lapins 1 chèvre ; 1 très vieille voisine qui utilise des mots étranges : bellot, bellote, ka, kien, y-es-tu p’tite mère ? ; de longues ballades en VTT dans des forêts sublimes, cueillette de myrtilles et confiture maison ; les falaises d’Etretat ; le rollers sur la jetée à Dieppe ; des orties sournoises ; des fruits et des légumes du potager, de la pluie ou du gris à peu près tout le temps…

- Londres : un squat, un homme enlevé par des extra-terrestres, des nouilles fluorescentes, des Pubs chaleureux, de la neige, des clubs où il pleut de l’ecstasy dans les toilettes, des nuits floues sous des stroboscopes, des bus qui se suicident en se jetant contre les abris, des gens étranges, de la vodka red-bull, du thé à l’anglaise (noir, un soupçon de lait, une pointe de citron), des tonnes d’amis d’un soir…

- Aix-en-Provence : Je mets toujours en évidence ce que je n’aime pas (ville trop petite en carton, snobisme de la population…), mais notons quand même que j’y ai mes souvenirs les plus intenses en terme d’amitié. Et puis n’oublions pas (dans le désordre) : les gigantesques pizzas du Palatino, les nuits gothiques au Sunset, les Lunch en fin d’après-midi au Pain Quotidien, les bières fraîches sur la Place des Cardeurs, les films indépendants du Mazarin, les glaces (en été) et les crêpes (en hiver) sur le Cours Mirabeau après les cours…

- Lyon : des ponts, des couloirs dissimulés entre les murs, des marches à gravir, une relation “je t’aime… moi non plus” fusionnelle entre un arbre sec et un toit – un coeur brisé, progressivement rafistolé, plus solide que jamais désormais -, l’envie de rester quelque part pour la première fois depuis mon départ de Ouaga.

3 plats que j’adore : Je ne me nourris pas que par besoin physique, j’adore manger. Mes repas font clairement partie de mes bonheurs de la journée, au même titre qu’une très belle musique, un livre magique, un orgasme, et autres plaisirs. Par conséquent, ne choisir que trois plats, c’est me mettre face à un choix insoutenable. Mais bon, puisqu’il faut bien le faire, je vais énumérer les premiers qui me viennent en tête :

- le poulet yassa préparé par ma mère : c’est une recette en provenance de Casamance. C’est divin, la viande et les oignons fondent sur la langue… Bon, pour l’apprécier il faut aimer le citron (l’un de mes fruits préférés, il m’arrive fréquemment d’en grignoter des rondelles.)

- Le figatelli, cuit au barbecue, puis placé en sandwich dans du bon pain (on presse un peu pour que le jus imbibe la mie), grand plaisir estival. De toute façon je pourrais presque me damner pour de la charcuterie corse. A la manière corse aussi : le fromage de chèvre avec un filet d’huile d’olive et des figues (c’est simple et c’est extraordinaire).

- Les hamburgers maison : bon pain (important), bonne viande (important aussi), oignons, mayonnaise, poivrons grillés, une feuille de salade, quelques tomates. C’est gras et mauvais pour la santé, mais c’est rapide à faire et mille fois meilleur que le McDo.

Je pourrais aussi citer : les sushis, la soupe miso, les nems, les aubergines à la parmesane, le gratin de coquilles Saint-Jacque, le saumon à l’oseille, les lasagnes, la soupe de potirons (avec un peu d’emmental c’est mieux), les tapas, les mezze libanais… Etc.

5 choses que j’ai faites aujourd’hui : l’amour, la conversation, une lessive, ma valise, la réservation d’un billet SNCF.

Ce que je ferai si j’étais riche… : Tout dépend de la somme à partir de laquelle on est censé être “riche”. S’il y avait suffisamment de zéros alignés, au point de pouvoir vivre confortablement toute ma vie, je commencerais par arrêter de travailler. Je profiterais de mes journées pour reprendre mes nouvelles ratées ou inachevées, j’irais voir des concerts en semaine sans craindre de ne pas réussir à me lever le lendemain matin, je m’achèterais des tonnes de livres et de disques pour ne jamais en manquer, je m’offrirais des voyages. J’en profiterais aussi pour régler les crédits que ma mère traîne derrière elle depuis plus de vingt ans.

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