Entre Paris et Sainté

J’ai caché le précédent article parce qu’il exprimait autant ma pensée que peut le faire une traduction automatique par rapport au texte original. Celui d’avant aussi d’ailleurs, mais j’ai toujours des scrupules à mettre en privé un écrit qui contient des commentaires d’autrui. En généraI, cette semaine, j’ai été maladroite oralement. J’ai supprimé beaucoup de mes interventions, peut-être pas assez. Toutes ont en commun d’avoir été postées trop tôt, trop vite. Autrefois, voilà une douzaine d’années, c’était pourtant cela mon blog : un endroit où j’écrivais, en moins de vingt minutes et de trente lignes, sans relecture, impulsivement, un ressenti quelconque. Je ne sais pas à quel moment je me suis mise à travailler mes textes et à y prendre goût. Ai-je été soumise à moins de stress ou ai-je mieux appris à contrôler mes émotions en vieillissant ? Quoi qu’il en soit, ces derniers jours, j’ai retrouvé l’exacerbation sentimentale de mes vingt ans donc j’ai écrit comme autrefois, par besoin d’un exutoire. En fait j’aurais dû garder pour moi mes pensées chaotiques. Malgré tout, j’ai besoin d’aller au bout de cette idée de décalage à laquelle je faisais allusion dimanche. J’espère y parvenir en changeant d’angle. Ce sera mon dernier essai, ensuite je cornerai discrètement la page avant d’essayer de la tourner.

Depuis que mon fils est entré en moyenne section de maternelle, j’ai un mode de vie différent de la majeure partie de la population dans le sens où je n’ai pas encore pu recommencer à travailler. Mes obligations sont limitées : subvenir à une partie non financière des besoins de ma famille. C’est à dire vivre dans un lieu pas trop sale, préparer des repas qui soient bons et relativement équilibrés, faire en sorte que chacun ait des vêtements propres et enfin, veiller à ce que mes très proches ne manquent pas d’amour, de temps à eux et de jeux. Le reste, sur écran, se résume à deux mots : écriture et divertissement.
Avant les attentats, chaque matin, je lisais les informations du Monde numérique en buvant ma tasse de thé noir. Ensuite je refermais la page jusqu’au lendemain. Puis, durant toute la journée, les onglets ouverts étaient toujours les mêmes : des réseaux sociaux (Twitter et FB), mon agrégateur (avec essentiellement des blogs dans le même esprit que le mien et des blogs musicaux), des plateformes musicales (Last.fm, Bandcamp et, récemment, grâce à un ami, 1dtouch) et un bloc-notes où noter le nom d’un artiste ou d’un de ses titres quand j’entendais quelque chose qui me donnait envie d’y revenir. En fonction de mes obligations, je passais plus ou moins de temps à chercher des musiques à découvrir, ou à me contenter d’en écouter pendant mes tâches ménagères. Régulièrement, je cliquais sur des liens via les réseaux sociaux qui m’amenaient vers des articles personnels ou culturels. Voilà, en gros, ce qu’étaient mes activités à proximité de mon ordinateur en journée.
Le reste du temps, je sortais pour des raisons précises, à savoir rejoindre la salle de sport ou partir courir dans les bois, aller au marché sur la place à côté de chez moi, passer dans une supérette pour acheter un pack de bière le week-end, chez mon caviste préféré rue François Gillet si le repas s’y prêtait, récupérer mon fils à l’école et l’amener au parc s’il faisait beau. Ce n’est pas « métro-boulot-dodo », ça a peut-être l’air mieux (ça ne l’est pas) mais ça reste routinier. Ce vendredi 13 a chamboulé mon quotidien entre mes murs sans effleurer ma vie à l’extérieur. C’est ce décalage que j’ai tant de difficulté à mettre en mots.

Depuis samedi matin (ou plutôt depuis vendredi 13 novembre au soir), je n’ai jamais fermé l’onglet ouvert sur Le Monde et j’ai fréquemment appuyé sur la flèche en forme de boucle situé en haut de mon chromebook (l’équivalent de la touche F5). Les liens envoyés par mes contacts m’amenaient vers des descriptions de victimes, des témoignages et des perceptions des évènements de la part des Parisiens comme des expatriés. Je me suis tant nourrie, irrepressiblement, de ce méli-mélo d’informations et d’émotions que j’en ai quasiment oublié d’écouter de la musique. J’ai marché avec leurs auteurs dans les rues de Paris, celles où ils vivaient et celles dont ils se souvenaient, au point d’en être étourdie. Et puis j’en suis arrivée à m’interroger sur mon incapacité à m’arrêter de lire tout ce qui avait un rapport avec ces attentats. Est-ce que je cherche à m’informer ? À comprendre ? À lire enfin quelque chose de rassurant ?  Suis-je dans une sorte de fascination morbide ? Pourquoi est-ce que je me fais encore plus de mal ainsi ?
En tout cas, à un moment donné, par hasard, je suis tombée sur des conseils à propos de l’attitude à avoir vis à vis de nos marmots et de nos adolescents. Mon fils est trop petit pour que je sois concernée par ces articles destinées aux parents d’enfants de six ans et plus. Nous n’avons pas de télévision, donc il échappe aux images perturbantes. Pas de radio non plus, alors il ne peut guère entendre quoi que ce soit d’autre que ce que nous décidons de dire devant lui. Néanmoins, j’ai eu cette pensée dépourvue d’espoir : ce sera utile quand il sera plus grand et qu’il y aura d’autres attentats. Mon fatalisme m’a horrifiée mais j’ai terminé ma lecture. Les psychiatres expliquaient que la peur des enfants était surtout celle qu’ils ressentaient de la part de leurs parents. Ces propos m’ont poussée à ne pas changer les habitudes de mon petit. Je me suis efforcée de jouer avec lui et de l’emmener au parc, malgré l’attrait de l’écran ou l’envie de passer ma journée dans mon lit. Pour l’instant, il n’y a rien d’inhabituel dans son comportement, d’autant qu’à l’extérieur, aucun changement n’est perceptible.

J’avais déjà raconté que le lendemain des attentats, un concert se tenait sur l’une des places. Les gens buvaient leurs verres en terrasse en riant et les rues étaient très animées. Sur les marchés, les producteurs locaux continuent à faire des prédictions météo, l’automne était doux donc l’hiver sera rude, et autres conversations phatiques. Au parc, la petite Faustine souhaite toujours épouser mon fils contre son gré. Pendant ce temps, les parents qui m’entourent discutent des cadeaux de Noël et de ce qu’ils feront le 31 décembre. Bien entendu, je ne m’attendais pas à ce que les gens désertent les rues, surtout quand ils ont peu de raison d’avoir peur. (Encore qu’avec la paranoïa contagieuse d’Internet, j’ai soudain pensé aux six matchs de l’UEFA EURO 2016 qui auront lieu dans le coin et à la menace potentielle que cet événement représentait.) Je sais aussi que je vis dans un quartier agréablement coloré et plutôt populaire, où je croise donc des passants très différents des trentenaires de la classe moyenne que je lis, ce qui me permet de constater que personne ne regarde avec méfiance les femmes voilés ou les hommes barbus vêtus de robe.
Par curiosité, j’ai demandé à mon amoureux s’il avait remarqué une différence sur son lieu de travail depuis les attentats. Il m’a répondu : « j’ai l’impression qu’ici tout le monde s’en fout. Il y a eu une minute de silence, mais personne n’a fait allusion aux événements autour de la machine à café ou de la table du déjeuner. J’ai même du mal à croire que quelque chose de grave s’est passé. »
Il y a bien eu un petit rassemblement mais comme le montre la photo, moins de vingt personnes étaient présentes. Au même moment, ils étaient 500 à Metz, or il y a plus d’habitants à Sainté qu’à Metz. Certes, j’ai vu quelques lumières sur les rebords des fenêtres samedi soir, mais elles se comptaient sur les doigts d’une main en louchant un peu. J’ai aussi croisé un homme qui chantait La Marseillaise en marchant sur le trottoir, dans une indifférence générale telle que j’aurais presque pu l’imaginer. Et ah oui, dans l’école où mon fils va, la sortie scolaire de moins de deux heures à la bibliothèque d’à côté a été annulée. (Hashtag absurdité).
Je m’étonne de cette indifférence car je me souviens des nombreux rassemblements après les attentats de janvier, des pancartes « Je suis Charlie » affichées sur toutes les devantures et des bribes de conversations à ce sujet saisies en passant à proximité des cafés. En tout cas, pour résumer, d’un côté je lis des mots et des expressions angoissantes (terreur, troisième guerre mondiale, attaque chimique, état d’urgence). De l’autre, si je me fie aux attitudes des personnes qui m’entourent dans ma vie quotidienne, rien de grave ne s’est produit en France.*

Depuis plusieurs années, j’ai entendu et lu qu’il fallait se méfier des images et des écrits sur Internet. Les unes sont trafiquées et filtrées. Les autres sont souvent anonymes et véhiculent de fausses informations. Pourtant, j’ai l’impression qu’en ce moment, la vie et la réalité sont derrière mon écran. Dans mon foyer, c’est le présent, cette « guerre » répètent nos puissants hommes cravatés. Dans ma rue, je retourne dans le passé, dans l’avant 13 novembre 2015. Doucement, je l’espère (car ça ne peut se produire que si les attentats cessent), ces univers vont se rejoindre. À dire vrai, dans mes timelines, c’est déjà perceptible. En attendant, je suis consciente d’avoir beaucoup de chance de ne pas vivre dans la psychose parisienne car je change d’ambiance dés que je sors de mon appartement. Ce n’en est pas moins étrange puisque c’est aux Parisiens que je m’identifie le mieux. Enfin, j’en tire une constatation évidente : pour la première fois depuis mon emménagement dans cette ville, je regrette de n’avoir aucun ami à Sainté. Je ne peux pas aller prendre un café pour discuter librement, pour s’unir ou s’engueuler, pour partager des émotions à travers un ton de voix, un souffle ou un regard, sans écran interposé.

* Je sais qu’il y a au moins une Stéphanoise parmi mes lecteurs et je serais curieuse de connaître ses impressions à propos de sa ville. Si jamais elle a envie de s’exprimer, qu’elle n’hésite pas !

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15 réflexions au sujet de « Entre Paris et Sainté »

  1. Berlin Belleville

    Peut-être est-ce parisien (ce que je dis est d’une logique sans nom, mais je ne sais pas comment le dire autrement), mais chez nous, on le ressent, on en parle, on le vit encore. Saint-Denis, Paris 11e, RER B, colis suspects… Entre peurs et nécessités.
    Comme je te le disais dans le précédent texte (caché), ou plutôt comme je le laissais dire pour moi par cet article du Monde, c’est une génération, parisienne, de certains quartiers, avec certains modes de vie qui a été touchée.
    Peut-être que même s’il n’y a pas de rassemblements, il y a une sorte de communion invisible, non dite et évidente entre nous.

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    1. junko Auteur de l’article

      Je n’ai pas caché le texte que tu avais commenté. Il y en avait eu un autre entre temps (désormais caché, donc). (Comme je le notais, j’écris trop en ce moment).
      Oui, mais j’ai l’impression tout le monde devrait avoir peur (en particulier à Paris mais aussi dans les grandes villes) parce que l’EI ne vise pas exclusivement cette génération, n’importe qui pourra être une cible à l’avenir. Qu’on en fasse partie ou non, qu’on la comprenne ou pas, cela n’empêche pas l’empathie, la compassion et l’angoisse.
      Je suppose qu’il y a cette sorte de communion, oui. Objectivement, je ne la ressens pas dans ma ville, mais elle peut exister malgré tout. Peut-être est-elle plus évidente dans l’intimité des foyers ?
      Moi-même, je n’ai rejoint aucun rassemblement après tout.

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      1. Kowalsky

        Je te rassure on en parle aussi ailleurs qu’à Paris. Ce que tu ressens c’est de l’empathie, et c’est normal. C’est même très sain. Car c’est toi et moi (et les autres, ne soyons pas égoïstes) qui sommes visés par ces actes. Nous, les gens ordinaires.

        Par contre non, il ne faut pas avoir peur des terroristes, ce serait leur donner trop d’importance. Souviens toi que tu as statistiquement plus de chance de te faire renverser par une voiture que d’être la cible d’un illuminé. (Si tu as aussi déjà peur des voitures prends l’exemple de te taper sur le pouce en plantant un clou avec ton marteau, même si à de rares exceptions on n’en meurt pas forcément) ;)

        C’est plus de la façon dont nos gouvernants en profitent pour rogner et supprimer nos libertés qu’il faut hélas avoir peur. Le langage guerrier utilisé laisse à croire que nous sommes « en guerre » avec un état alors que nous sommes face à un petit groupe d’assassins isolés qui ne supportent pas notre mode de vie ouvert, multi-culturel et laïque. Nous avons très certainement besoins de plus d’effectifs de police pour protéger les citoyens, pas de lois liberticides à l’encontre des citoyens. Quand les lois d’exception deviennent le quotidien, il y a un problème.

        Bref.

        Arrête Twitter et Facebook, et déconnecte toi du site du Monde. Pas plus d’une fois par jour, c’est largement suffisant ;)

        Si ce n’est déjà fait, lis cet article du journal la Croix. La première partie en rapport avec ton petit, la dernière t’intéressera tout particulièrement à titre personnel ;)
        Sans oublier de lire le dossier de la Croix qui donne quelques indications sur comment parler des attentats.

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          1. junko Auteur de l’article

            Je n’ai jamais peur de mourir (malheureusement en un sens, sinon je serais plus prudente). J’ai peur pour mes amis, pour mon fils, et pour le monde dans lequel il va grandir.

            « Un petit groupe d’assassins isolés » : tu le crois vraiment ? Je les trouve un peu trop nombreux et suffisamment organisés pour nous échapper. Je me méfie aussi d’une victimisation facile. Notre mode de vie, beaucoup d’autres pays occidentaux l’ont aussi. Je trouve que la jeunesse est tout aussi festive en Allemagne, en Angleterre, en Irlande ou encore en Espagne (je n’ai peut-être jamais autant fait la fête, picolé, rencontré des personnes différentes culturellement et vu des concerts que dans ces pays). « Nous » nous sommes servis de leur pétrole et nous les avons bombardés. « Nous » avons exclu des personnes qui sont devenues assez perdues pour être prêtes à mourir en assassinant autrui. Ou plutôt nos dirigeants, mais avons-nous essayé de les en empêcher ou de modifier nos comportements ? Je ne pense pas être très douée pour mener des débats politiques. Parler de moi reste, malheureusement, ce que je fais de mieux. Néanmoins, je suis certaine que nous avons notre part de responsabilité dans ce conflit. En revanche, je suis d’accord avec toi quant aux lois liberticides d’autant qu’accablés, nous sommes potentiellement moins vigilants.

            Merci pour les articles. Bon, à titre personnel, je n’ai pas choisi d’être « seule » (j’ai un compagnon bien présent et un minot quand même). Quand tu arrives dans une ville inconnue, à 35 ans et sans travail, avec un tempérament d’introverti en prime, il est difficile de se faire des amis.

            Quant à l’article du 13 novembre, je te remercie et oui, on essaiera d’y retourner pour prendre de belles photos, même si d’ici là, l’automne sera sans doute passé (ce matin, les arbres du parc devaient être sous la neige).

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          2. Kowalsky

            Ah mon premier lien n’est pas passé : http://www.la-croix.com/Famille/Actualite/Attentats-comment-reagir-face-aux-questions-des-enfants-2015-11-15-1380543. La partie « à titre personnel » correspondant à la surabondance d’informations via internet et les réseaux sociaux que tu nous commentais dans ton article, pas au fait que tu sois « seule ». Désolé du quiproquo.

            « « Un petit groupe d’assassins isolés » : tu le crois vraiment ? » Bah vi, on est quand même quelques millions, ils sont à peine quelques centaines, voire millier (je ne mets pas de pluriel intentionnellement) en ratissant large ;)

            (ps : ce commentaire devrait être à la suite du tien mais il n’est à priori pas possible de répondre à plus de 4 niveaux de commentaires sur ton site)

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            1. junko Auteur de l’article

              Ok, merci. Dans l’ensemble, ça conforte ce que je pensais avant de le lire.

              Le nombre exact est difficile à évaluer mais à mon avis, ils sont au moins quelques milliers. En tout cas, leur nombre ne diminue pas ces dernières années, au contraire. Et si notre politique reste la même, je vois mal pourquoi ça s’arrangerait.
              (Modification) C’est d’ailleurs ce que je lis dans ce document (rapport de l’Assemblée nationale).Va voir la page 20, par exemple (en mai 2015, 1704 personnes étaient impliqués dans des filières djihadistes, soit un triplement par rapport aux chiffres communiqués en janvier 2014. C’était il y a 6 mois et « ces chiffres ne reflètent probablement pas toute l’ampleur du phénomène »).

              J’ai modifié les réglages pour les niveaux de commentaires.

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        1. junko Auteur de l’article

          Je suis contente que tu me l’écrives. Je n’étais vraiment pas fière de mes derniers textes mais s’ils ont cet effet là sur quelqu’un, alors c’est déjà ça. Merci.

          Répondre
  2. dany

    Je réponds à ton appel, pour te parler de mon ressenti au sujet des réactions des stéphanois… A Sainté on a depuis longtemps l’habitude de « vivre ensemble » sans crainte et surtout sans peur, il n’y a pas de véritables ghettos, mais des quartiers un peu plus difficiles à cause de la petite délinquance.
    Avec mes voisins (mon quartier ressemble au tien) on a évoqué brièvement ces derniers évènements et ce qu’il en est sorti était que tous les jours, au journal télévisé on parlait d’attentats dans le monde, mais on est + ou- touché parce qu’on nous les présente en 40 secondes et qu’ils se passent loin de nous… Il y a eu combien de morts de civils en Syrie, combien de familles pleurent leurs enfants?
    J’ai par contre entendu beaucoup plus de colère devant l’attitude indigne des politiques.
    Il me semble que la réaction après l’attentat de Charlie était beaucoup plus forte parce que l’on voyait plus nettement que c’était la liberté de s’exprimer qui était visée. Pour les attentats du 13 Novembre c’est une telle folie meurtrière que l’on reste accablé, médusé et que l’on se demande comment agir, qu’elles vont être les réactions de certains vis à vis de nos compatriotes issus de l’immigration, comment se battre… Moi je suis perdue comme la plupart de mes amis, je ne sais comment participer à la lutte, comment m’impliquer… Ce n’est pas mon truc de chanter la Marseillaise, ni de brandir un drapeau.
    Je continue à vivre comme avant avec le chagrin et la peur de l’avenir en plus.

    Désolée de cette réponse décousue mais j’arrive difficilement à échanger sur ce sujet.
    Pourquoi ne pas prendre un café un de ces jours????
    Dany de Saint’é
    Pour info ; Cet après midi il y avait une manif avec seulement une quarantaine de personnes, mais elle était interdite par la préfecture.

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    1. junko Auteur de l’article

      Oui, c’était à toi que je m’adressais et je te remercie de m’avoir répondu.
      Je trouve sain d’être plus révolté à l’égard des politiques que des musulmans fanatiques, d’autant que ce n’est pas la solution de facilité. Le réflexe, c’est la vengeance plutôt que la remise en question et c’est effrayant, oui.

      Tu sais sans doute déjà que ce n’est pas non plus mon truc de chanter la Marseillaise ou de brandir un drapeau et ça fait du bien de savoir que je ne suis pas la seule (j’ai le sentiment que beaucoup de mes contacts, y compris des personnes que par ailleurs j’apprécie sincèrement, ont eu des réflexes patriotiques). Au passage, cette façon de clamer « ah ça, c’est ma culture au moins ! » face à n’importe quoi de franchouillard m’agace et je sais que je me fais des ennemis ainsi. C’est que je ne vois pas trop en quoi chanter « cocorico » va nous aider mais moi non plus, je ne sais pas comment m’impliquer et je continue à peu près comme toi, dans le même état d’esprit.

      Je ne trouve pas ta réponse décousue, mon commentaire l’est certainement davantage.
      Pour le café, c’est volontiers ! :-)
      Merci pour l’info.

      Répondre
  3. Sacrip'Anne

    Ici on en parle, on y pense. De là où je t’écris, si je me retourne, pas la baie vitrée je vois la Défense à quelques centaines de mètres. Si je me lève, il y a un bout de la tour Eiffel. Autant d’endroits auxquels on pense comme à des cibles, maintenant. Si je continue un tout petit peu la route pour rentrer chez moi, ça sera la sorte Stade de France.

    Ok il faut vivre, Ok il faut continuer. Mais là, tout de suite, dans les mots, dans les comportements, on le ressent, ce qui s’est passé.

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    1. junko Auteur de l’article

      Comment pourrait-il en être autrement ? Oui, à Paris même, je me doute qu’on en parle et heureusement, même si ce doit être difficile à vivre. Très dur de devoir continuer « après » en craignant que ça se reproduise, oui.
      C’est vraiment par rapport aux réactions en province que je me posais des questions.
      J’ai lu quelques témoignages d’expatriés, je ne sais plus où puisque j’ai parcouru tant de témoignages. En tout cas, ils racontaient des marques de sympathie reçues autour d’eux, de condoléances et de soutien de la part de personnes n’étant pas de leur nationalité. Je trouvais ça étrange de ne pas percevoir la même chose dans ma ville, géographiquement plus proche de Paris, et en étant entourée de personnes qui parlent ma langue. Mais comme l’expliquait Dany plus haut, cela n’empêche ni le chagrin, ni la peur de l’avenir.

      Répondre
    1. junko Auteur de l’article

      Je suis d’accord avec toi. je l’ai découvert hier soir et je l’ai déjà transmis à quelques amis par mail. Parmi toutes les lettres ouvertes que j’ai lues depuis dix jours, c’est celle que je préfère. La première partie de son texte résume assez bien et clairement mes pensées brouillonnes. Dans le reste, je vois beaucoup d’espoir.
      « Car si on a été attaqué pour ce qu’on est, alors on ne peut pas changer grand chose. Mais si on a été attaqué pour ce qu’on fait, alors on a des leviers d’action »

      Répondre

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