Bliss [walking on air]

[…]

Il pleut très fort, mes cheveux bouclent anarchiquement, mon jean trop large est trempé, je ne ressemble à rien et ça m’amuse. L’averse, le ciel lacté, je suis une éponge à pluie mais sans avoir froid, j’ai envie de rire. La mamie permanentée fait la gueule en me racontant ses ennuis et Gulag Orkestar n’est pas drôle dans mes oreilles ; je m’en fous, si vous saviez comme je flotte. La complainte de Beirut, le paysage sinistre, même si on me montrait des enfants morts de faim et des victimes torturées à mort je crois que je continuerai à sourire, c’est horrible à dire mais c’est si bon à ressentir. De l’intérieur du bus, je vois la grêle tomber, et les réactions des gens : ceux qui courent par deux en riant, ceux qui marchent imperturbablement le visage sombre tourné vers le trottoir, ceux qui se pressent sous les abris de bus et sous l’Opéra, ceux qui se protègent avec un cartable – un sac – leur manteau comme capuche – un pull – un sac plastique. J’aime les gens, je l’aime lui, je m’aime moi aussi, je suis la personnification de l’extase. De l’intérêt d’être vivante à cet instant.

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