En mal de romantisme

La pluie s’infiltrerait par la fenêtre ouverte. Je siroterais une vodka manzana tout en aspirant frénétiquement la fumée de ma cigarette, pour sentir la brûlure courir de ma gorge à mes poumons, à l’intérieur. J’écouterais le larmoyant “Alcohol” des Kinks en analysant ma déchéance irréversible. Toute seule dans cette pièce atrocement glacée, je tournerais sur moi-même jusqu’à m’étendre mollement sur le sol telle une poupée désarticulée, mon visage anémique fixant le ciel obscur. C’est ce dont je rêve devant mon verre de jus d’orange, étourdie par le soleil et le crissement ininterrompu des cigales, pendant que mon père fait cuire le figatelli au barbecue, en regardant ma mère revenir de la plage. A proximité, j’entends les exclamations enthousiastes des joueurs de pétanque… Je pourrais fondre au soleil, faire tinter les glaçons contre mon verre, et répéter en coeur avec ma mère : “qu’est-ce qu’on est bien, hein !”. Au lieu de celà, je me demande avec effroi : comment déprimer convenablement dans un tel contexte ? Je suis décidément irrécupérable. (Playlist : cigales, glaçons et pétanque. Humeur : déconcertée)

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