Archives mensuelles : novembre 2014

« Vous savez que vous avez beaucoup de chance ? Il est tellement beau cet enfant. »

Je me dirigeais avec Le Boutchou vers le marché sur la petite place. Choisir les fruits et les légumes qu’il souhaite manger, voir le marchand les poser sur la balance et tendre la monnaie que je lui donne sont des gestes qui l’amusent. J’étais partie juste après son goûter car les sorties durent longtemps avec lui. D’une part, il doit impérativement ramasser des cailloux, des feuilles, des glands, des bâtons, etc. (qui finissent dans mes mains, dans mes poches, puis parfois dans sa « boîte aux trésors »). D’autre part, quelque soit le lieu, chaque passant(e) croisé(e) aura deux à trois comportements successifs : s’extasier devant lui (« qu’il est mignon ! »), lui sourire niaisement et, si possible, lui donner quelque chose à manger (barre chocolatée, croissant, biscuit…) à n’importe quelle heure de la journée. Au début, j’étais simplement étonnée de découvrir que tant d’individus emportaient toujours une sucrerie avec eux. Est-ce qu’ils se baladent avec des friandises à donner aux enfants dans les rues, comme d’autres trimballent du pain à envoyer aux pigeons dans les parcs ? En tout cas, malgré l’habitude, cette derniere attitude m’agace souvent. Elle me donne envie de préciser que je ne laisse pas mon fils crever de faim. Mais bon, je les autorise à se faire plaisir (le gamin ne manifeste aucune reconnaissance sincère, il est sans doute trop intimidé pour apprécier le don).

Nous nous dirigions lentement vers une vendeuse de courges quand une vieille dame s’est exclamée ; « oh qu’il est beau cet enfant ! Et qu’il est beau son chien ! » Le Boutchou tirait en fait une vache en bois montée sur des roulettes. J’admets qu’elle n’est pas réaliste avec ses couleurs psychédéliques et son chapeau sur la tête, mais de là à y voir un chien… Par ailleurs, ledit « beau jouet » est tout éraflé d’avoir tapé contre de nombreux objets depuis son arrivée dans notre appartement deux ans auparavant. Peu convaincue, je l’ai quand même remerciée machinalement. C’est alors qu’elle a arraché la ficelle du jouet des mains de mon fils avant de se se livrer à une danse étrange. Légèrement courbée, elle tirait le jouet vers elle puis le ramenait vers lui, en scrutant le gosse avec une intensité bizarre, la mine sévère, en silence. Mon minot n’est déjà pas très rassuré en présence d’inconnus en général. Quand en prime l’étrangère en question lui vole son jouet et a une conduite incompréhensible… Il se réfugie contre moi. Collé à mes jambes, il me montrait, d’un geste à peine esquissé, qu’il aurait aimé reprendre son jouet. Derrière moi, un marchand de saucisson essayait de me tendre des morceaux de tous les saucissons qu’il possédait car « les enfants aiment ça » puis il précisait : « ils ne sont pas chers, si vous en prenez deux le deuxième est à moitié prix ». Il insistait tellement que je me suis brièvement demandé si la vieille dame n’était pas payée pour lui permettre de vendre des saucissons (que je n’avais pas l’intention d’acheter).

En attendant, le manège de cette personne continuait à l’identique. Elle attendait probablement que mon fils dise ou fasse quelque chose en réaction à son drôle de jeu… mais quoi donc ? La lumière du jour baissait. Je craignais que mon bonhomme n’ait plus le temps d’aller faire du toboggan ensuite, or je lui avais promis de passer par le parc au retour. J’en avais également assez d’être harcelée de publicités pour des saucissons. Timidement, je lui ai signalé que mon fils n’était pas très rassuré… « Il  n’est pas le seul, moi non plus je ne suis pas rassurée » m’’a-t-elle répondu. (Serait-elle intimidée par un gamin de 3 ans ? Dans ce cas, qu’essaie-t-elle de faire ?) Mais ses simagrés persistaient et la vache à roulette faisait toujours des allers-retours. Ultérieurement, en essayant de décrire cette rencontre à mon amoureux, j’ai pensé à la manière dont on apprivoise un animal. On lui jette quelque chose à manger, de moins en moins loin, pour l’obliger à se rapprocher et finalement, à se sentir en confiance. Au bout du compte, elle tirait la ficelle de plus en plus près d’elle, sauf que l’enfant restait immobile. Cette tactique fonctionne peut-être avec un chat, mais pas avec un gosse de 3 ans. A la longue, le mien pourrait ếventuellement se mettre à pleurnicher de frayeur ou simplement d’ennui. Rien de positif ne se produirait de toute façon. Après avoir tenté plusieurs formules maladroites par politesse, je me suis résolue à être directe : « Nous avons des choses à faire tous les deux, il va falloir qu’on y aille… » Elle lui a rendu sa vache (ouf ! Fuyons !)

Tandis que je m’éloignais d’elle, elle est revenue vers moi. « Vous savez que vous avez beaucoup de chance ? Il est tellement beau cet enfant ». La phrase était banale, je l’avais déjà entendue. En revanche, le ton était agressif, comme si elle me reprochait la beauté de mon fils. Etonnée, j’ai mis quelques secondes avant de dire « oui, merci » comme d’habitude (Que dire d’autre ? Ah oui, étant donné ma gueule et celle de son père, ce n’était pas gagné, c’est miraculeux la génétique…? Non, j’aurais tellement aimé avoir un enfant hideux…?). Elle m’a posé la main sur l’épaule puis, avec une expression de jalousie ou de colère dans les yeux, elle m’a confié : « moi, je n’ai pas d’enfant. Comme je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas non plus de petits enfants. Or je suis en âge d’être grand-mère… C’est très dur ». (Long silence car j’étais soudain aphone et en manque de mots). « Il est tellement beau cet enfant, et son jouet est aussi tellement beau… » J’ai cru que Marguerite la vache cabossée allait la faire pleurer. Elle a de nouveau répété : « Vous comprenez ? » Je comprenais surtout que j’étais très mal à l’aise. J’ai balbutié je-ne-sais-quoi, rien de très intelligent. Elle m’a suffisamment perturbée pour que dans la foulée, j’oublie la moitié des courses que j’avais notées sur le papier resté sur la table du salon. Pendant ce temps, Le gosse était anormalement calme. Pensif, il ne prêtait aucune attention aux sourires niais sur son passage, du moins jusqu’au parc. Ensuite il s’est comporté de manière habituelle.

Comme je l’ai compris un peu tard, il n’avait jamais été question de la beauté de mon enfant, raison pour laquelle cette phrase banale était exprimée de manière inhabituelle dans sa bouche. Elle trouvait beau le fait d’avoir un enfant. Elle n’admirait pas son jouet mais la possibilité de l’utiliser pour jouer avec sa progéniture. Elle me trouvait chanceuse de pouvoir materner. Est-ce que je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir un enfant…? Sans doute pas complètement. Je devine les regrets que peut avoir une vieille dame lorsqu’il est trop tard pour que ce que ce qui n’a jamais eu lieu se produise, comme pour n’importe quel regret éprouvé à la fin d’une vie, pas plus, pas avec cette intensité là. [...]

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Notes à propos des jours passés avant qu’ils ne s’estompent l’air de rien dans l’allongement des nuits

Alors qu’autrefois j’écrivais tôt le matin ou tard le soir, c’est toujours durant l’après-midi que je rédige un texte, à l’heure où l’enfant dort. Je n’écoute plus de musique en arrière-fond tandis que je tape sur le clavier. J’en écoute en journée, des disques que je connais déjà, faute d’avoir le temps de me tenir au courant de l’actualité musicale. Souvent, le gosse se dandine, bat des mains, secoue la tête et sautille… On dirait que tous ses muscles sont réceptifs au rythme. Je ne peux plus écouter de musique à l’heure où je décide d’écrire car je savoure le silence, enfin. Pas de « môman ! », de « c’est quoi ça ? » de « bobo ouiiiiin ! », de sons de jouet, de piles de cubes renversées, d’agitation, de… Ce temps mort qui m’était pénible petite est devenu salvateur. Pendant cette période, je pourrais enfin téléphoner à mes rares amis pour prendre de leurs nouvelles, sauf que je n’ai aucune envie de parler ni d’écouter qui que ce soit. C’est mon moment secret, celui où je peux enfin me replier sur moi. Ces derniers mois, j’ai utilisé cette paix post-méridienne pour achever la pièce de théâtre, or il faudrait quand même que je prenne le temps de noter les petits évènements personnels des jours passés avant qu’ils ne s’estompent, l’air de rien, dans l’allongement des nuits.

L’automne a commencé dans la chaleur de l’été qui n’avait pas réellement eu lieu ici. Devant nos verres de bière glacés sur notre terrasse, mon amoureux me demandait : « tu crois sérieusement qu’un jour il va refaire froid ? » J’ai su que l’arrière saison s’immisçait à Sainté malgré tout lors d’une insomnie. Au milieu de la nuit, j’ai vu la brume avaler la ville. Peu de temps après, les premières feuilles couleur garance apparaissaient. Je trouvais rassurant de voir les arbres rougeoyer même sous une température de 25 degrés à l’ombre. Leurs feuilles n’étaient pas encore mortes sur les trottoirs lorsque mon fils est allé à l’école pour la première fois. La fameuse rentrée en petite section de maternelle… Cet évènement qui fait pleurer tant d’enfants et bouleverse de nombreux parents m’a semblé assez anodin finalement. On m’avait répété de préparer les mouchoirs… Ils n’ont servi qu’à essuyer le nez de mon fils enrhumé. Je n’étais pas anxieuse en l’accompagnant. Je prévoyais que cet habitué des ludothèques, des lieux d’accueil parents enfants, des activités d’éveil dans les médiathèques, et de la crèche une fois par semaine, n’aurait aucune raison d’angoisser. Les salles de jouet pleines d’enfants et la séparation sont des situations qu’il connaissait déjà. Suite à cette journée, les appels téléphoniques des grands-parents, des oncles, des amis etc. prenaient une dimension vaguement ridicule : « alors alors ? Comment ça s’est passé ? » « Euh très bien… A dire vrai, il ne s’est rien passé du tout. » « Raconte… » « Bah rien j’te dis, il nous a dit au revoir en souriant et il est parti jouer quoi… » Malgré tout, je sais qu’il était fier mon gamin, de porter ce sac à dos en forme d’hippopotame bleu avec lequel il voulait absolument dormir les jours précédents, d’être enfin un grand qui va à l’école comme les adultes le lui avait annoncé tout au long de l’été. Un mois et demi après, son enthousiasme est intact au moment de partir. Pendant les vacances de la Toussaint, au réveil, il répétait régulièrement « mais moi je veux aller à l’école ! »

Il paraît que j’aimais autant l’école que lui au même âge. Pourtant les réminiscences que j’avais en entrant dans la salle de classe n’étaient pas très agréables. Un jour, la maîtresse m’a remis un grand cahier, un « imagier voyageur » dans lequel il fallait coller, avec son enfant, des images associées à six couleurs (par exemple une fraise pour le rouge, une orange pour l’orange…)… Enfin c’est ce que je croyais. Le soir venu, j’ai brandi fièrement le cahier à mon amoureux pour lui montrer le beau travail effectué avec son fils (j’étais très fière des images que j’avais choisies) (oui bon ça va hein), et il a déclaré, consterné : « dans l’énoncé on te dit d’utiliser trois images seulement associées à trois couleurs… Tu n’as pas respecté la consigne ! » J’ai revu nettement cette phrase écrite en rouge dans mes vieux cahiers décolorés aux pages gondolées par la colle des polycopiés. Je pourrais mentir en prétendant que j’ai toujours trouvé ça chiant, de respecter les consignes. Prétendre que j’étais rebelle dés la petite enfance… Je sais qu’en fait, je rêvassais au lieu d’écouter, j’imaginais l’énoncé au lieu de le lire. Le lendemain, j’avais prévu de m’excuser auprès de la maîtresse pour mon étourderie. Je m’étais bien entraînée dans ma tête, j’en avais presque oublié de dormir. Au bout du compte, je lui ai tendu le cahier sans rien dire. Elle n’allait pas l’ouvrir pendant l’accueil des enfants et d’ici à ce qu’elle le fasse, je serais loin… Honteuse, j’ai eu l’impression d’être plus puérile que mon Boutchou.

Mon Boutchou, je me suis mise à l’appeler « Petit Bonhomme » sans y penser, naturellement. C’est certainement lié à la façon dont il essuie méticuleusement les larges fossettes de chocolat chaud sur ses joues rebondies après son petit-déjeuner, à sa volonté de se laver et de s’habiller seul, à sa manière de se coiffer en minaudant devant le miroir (« Je suis beau ! » s’ecrie-t-il avec une parfaite sincérité narcissique). Ou encore à sa capacité à préparer des gâteaux sans mon aide et à participer à toutes les taches ménagères. D’ailleurs, ce besoin de faire des corvées uniquement pour imiter les grands a quelque chose de fascinant. Il s’éclate avec son mini-aspirateur (je m’en voulais de lui offrir ce jouet pour son anniversaire alors qu’il y a tant de jeux éducatifs et spirituels disponibles – par rapport à ceux prévus pour les moins de 3 ans du moins – mais j’en avais marre qu’il essaie de me piquer le mien, trop lourd pour lui). S’il me voit nettoyer la table, il s’empresse de réclamer l’éponge, et ainsi de suite. Ce rêve d’être grand est perceptible littéralement. Mon petit bonhomme a un escabeau depuis un an et demi environ, utile pour aller seul sur la cuvette des toilettes ou pour se brosser les dents au dessus du lavabo. Maintenant, il faut qu’il l’utilise tout le temps alors que ce n’est pas nécessaire. Il peut allumer l’interrupteur en levant la main (il en est capable depuis longtemps) et il va chercher l’escabeau pour le faire. Idem pour le canapé qu’il prenait tant de plaisir à escalader.

Etant donné qu’il ne va à l’école que le matin et qu’en voulant m’aider, il ralentit mes tâches ménagères, je n’ai pas plus de temps libre depuis la rentrée scolaire. Néanmoins, j’ai trouvé un rythme qui me convenait à relatif court terme. Chaque matin d’école, je me rends dans le club de sport après l’avoir laissé dans sa classe. J’y suis « à l’heure des mamans ». Trentenaires, elles font du vélo, du tapis de course et de la marche rapide côte à côte en bavardant. Elles transpirent très peu, elles ne font pas trop d’efforts. Elles s’entretiennent simplement, tout en profitant d’un moment entre copines. Quand mon baladeur est déchargé ou que je suis un cours à proximité d’elles, je les entends parler de leurs enfants, de leurs maris, de leurs recettes de cuisine et de la dernière collection de fringues de tel ou tel créateur. Elles ne me sont pas spécialement antipathiques mais je reste exprès à l’écart de leurs discussions. Je viens là en partie pour m’extirper de mon quotidien de ménagère, et je m’intéresse autant à la mode qu’aux premières selles dorées de mon fils. Dans mon coin, je me contente de faire entre trente minutes et une heure de sport, soit beaucoup moins qu’au début mais juste assez pour être détendue et en forme après. De toute façon, j’ai quasiment atteint mes objectifs en seulement quatre mois (donc en ce qui me concerne, les spécialistes qui prétendent que les exercices sportifs sont inefficaces sans une alimentation équilibrée et dépourvue d’alcool avaient tort). La rapidité avec laquelle mon corps s’est habitué à l’exercice physique est stupéfiante dans l’ensemble. Récemment, en revenant de ma séance, j’ai découvert que l’ascenseur était arrêté pour maintenance. J’étais au sous-sol (au -2) et je vis au septième étage. J’étais à peine essoufflée en arrivant en haut des escaliers. Je me souviens pourtant du jour où j’ai dû gravir sept étages à pied (oui, habiter au 7ème est une habitude chez moi) rue Camille Jordan… Je ne faisais pas la belle en m’affalant sur mon lit.

En rentrant, je m’acquitte distraitement de mes devoirs de ménagère, avant de récupérer le petit puis de retrouver mon amoureux. Sitôt que le premier est couché et le second reparti travailler, je m’assois devant l’ordinateur en espérant que ce dernier ne s’éteindra pas avant le réveil de mon fils. A mesure que les semaines passaient, j’étais convaincue que je n’arriverai jamais à terminer cette pièce en n’écrivant que deux heures par jour en moyenne, mais il paraît qu’elle est achevée. Je ne me sens pas soulagée car j’ai l’impression que j’aurais pu faire mieux, même si les comédiennes me répètent qu’elles sont ravies de la matière fournie. Quoi qu’il en soit, c’était aussi troublant qu’intéressant de les entendre prononcer mes phrases, chercher les intonations, buter sur certains passages qu’il m’était si difficile d’expliquer (« qu’est-ce que tu as voulu dire là ? » « Alors… euh… mais qu’est-ce que j’ai bien pu vouloir dire en fait ? Je le ressens sans réussir à l’exprimer autrement ! ») Même si j’ai tout écrit, il s’agissait réellement d’une collaboration. Leurs improvisations inspiraient mes textes lesquels leur donnaient de nouvelles idées. De savoir qu’en quelques mois, nous sommes passées d’un concept qui pouvait se résumer en trois phrases à un spectacle entier, ça me paraît quasiment irréel.

A l’issue de cette expérience, j’ai aussi mieux compris pourquoi je n’arrivais jamais à terminer mes projets d’écriture, y compris en ayant été diffusée à la radio, contactée par deux éditeurs et soutenue par une grande écrivaine… La peur de la caricature, des clichés, des lieux communs, du jugement d’autrui, et ce maudit syndrôme de l’imposteur… Car cette fois-ci, je suis allée jusqu’au bout. J’ai accepté de modifier, corriger, réécrire, lire à haute voix en public (plus jamais par pitié…) mon texte et de le terminer (DE TERMINER UNE PIECE DE THEÂTRE !). Malgré les compliments et les félicitations, je ne suis pas particulièrement fière de moi, étant incapable de juger objectivement mon travail. En revanche, cette rencontre a accentué mon envie d’écrire pour autrui, et celle – durable ou éphémère ? – de retravailler mes nouvelles et mes essais passés. Quelques saisons risquent de s’écouler à écrire peu dans l’urgence en attendant que mon fils grandisse (mais à aimer accompagner son enfance aussi), à m’entendre demander quand je passe un concours pour avoir un vrai métier (avec des arguments rassurants : « et si ton amoureux mourait ou te quittait pour une autre plus jeune et plus jolie ? C’est arrivé à beaucoup de mes amies lorsque j’avais ton âge. C’est très fréquent, tu sais. » – merci maman !), à m’enterrer dans le découragement parfois. Néanmoins, je crois que je suis enfin capable de persévérer, au moins pour deux ou trois automnes encore.

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